‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 135 sur 326 · XXVIII · texte numérisé non relu

XXVIII

A Québec, il salua la Mère Marie de l'Incarnation, m. d'uri-é, Missrox--

« M. l'abbé de Fénelon, ayant hiverné aux Iroquois, dit ^'""^ ■^ '^'=^^'^-

* cette Religieuse, nous a rendu une visite dans un voyage

(( qu'il a fait à Québec. Je lui ai demandé comment il

(' avait pu subsiflcr, n'ayant eu que de la sagamité pour

« tout vivre 8c de l'eau pure à boire. Il m'a reparti qu'il y

(( était si accoutumé qu'il ne faisait point de diftindion de

(' cet aliment à aucun autre, & qu'il allait partir pour y

« retourner 8: y passer encore l'hiver avec M. Trouvé, ne

« l'ayant laissé que pour aller quérir de quoi* payer les ^

V sauvages qui les nourrissent. Le zèle de ces grands ser-

(' viteurs de Dieu eft admirable (2). » Lorsqu'il eut ter- (2) Lettres de la

miné ses affaires à Villemarie, il repartit pour Kenté & Mèrederincamation,

1 • r j r - ■» , -r . 'ctt, 82', i<^"- seplem-

emmena avec lui 1 un de ses confrères, M. Lascaris bre 1669, p. 638.

d'Urfé, pour qu'il y apprît la langue Iroquoise & s'exerçât

à la vie dure des missions. M. de Fénelon s'était proposé

d'hiverner à Kenté; mais, des Iroquois retirés à Gandase-

teiagon lui ayant demandé d'aller les inflruire, il se rendit ' \^ ' L

chez eux & y passa l'hiver, tandis que M. d'Urfé & iH\JI^'^ j

ig6 IIl^ PARTIE. LOUIS XIV.

M. Trouvé j privés alors des commodités qu on leur proi cura dans la suite, allèrent hiverner dans les bois pour y trouver de quoi subsifter. M. d'Urfé, voulant faire un jour son adion de grâces après la sainte Messe, entra dans le bois, & s'avançant insensiblement sans remarquer la . diredion qu'il prenait, s'égara si fort qu'il ne fit qu'errer I tout le jour & toute la nuit suivante. Dans cette extrémité, il craignait avec raison de mourir de faim, ou d'être dévoré par quelque bète farouche, lorsqu'il se recommanda à M. Olier pour l'exécution des desseins duquel il était allé en Canada; & s'étant remis en marche avec confiance d'être secouru, il arriva droit au village comme s'il eût été conduit par un guide assuré. Après deux ans / de séjour à Kenté, il fit lui-même un voyage à Villemarie. 1 Pendant cette périlleuse navigation, son canot tourna au milieu des bouillons, & quoiqu'il ne sût pas nager, il échappa une seconde fois à la mort par une protection particulière de la divine Providence. Le séjour de M. de Fénelon à Gandaseteiagon donna lieu à l'établissement "y*^ d'une nouvelle mission dans ce village; & enfin les prêtres (i) Hift du Mont- ^^ Saiut-Sulpice en formèrent un autre à Ganeraske ; de ^

réai, par M. Doiiier. sorte qu'ils desservireut ces deux villages, outre Kenté, Abrégé de la mission ^^^^ résidcuce principale (i).

de Kenté. ^ ^ ^ ^

Lorsqu'on eut appris au Séminaire de Saint-Sulpice,

Page 1