CANADA
(*) L'année 1667, cette Religieuse ajoutait : « Il e(l venu, cette « année, un grand nombre d'hommes aux dépens du Roi, qui veut « que le pays se peuple 6:; &, parmi ceux-ci, étaient plus de cent hommes de travail (7). L'année suivante, les navires amenèrent des Portugais, des Allemands qui avaient été au service du Roi, & qu'il licencia pour les envoyer dans la Nouvelle- France (8); & l'année 1669 on vit arriver encore à Québec un vaisseau Rochellois chargé d'hommes & de familles formées.
j')) journal des Jcsuitee, 25 sept. 1667.
(7; Lettres de Marie , de l'Incarnation, lettre 81', p. 6?4.
(»)/tit/., lettre 83», p. 641. Ibid.y lettre 82% 29 oclob. i665, p. 607.
(i) Relationde 1668, p. I, 3.
(2) Archives de la marine, regiflre des ordres du Roi, fol.
{3)Ibid., regiftredes expéditions concernant les Compagnies des Indes, 1670, fol. 27.
(4) Ibid.
(5) Archives de la marine, regiflre des dépêches de Monseigneur, 1671, fol. 25.
(6) Regiftre des dépêches de Colbert concernant les Indes^ 1671, fol. 10.
& la colonie compta par ce moyen autant de soldats prêts à défendre leurs propres foyers, sans aucune charge pour elle ni même pour le souverain (i). Mais comme ce nombre était insuffisant, le Roi, en 1669, résolut d'envoyer en Canada six autres compagnies d'infanterie , composées chacune de cinquante-trois hommes, pour les y établir. Les capitaines de ces compagnies prirent, en effet, cet engagement le 25 mars de cette année, tant pour eux-mêmes que pour leurs officiers subalternes & leurs soldats (2); & afin de les encourager à remplir leurs promesses, le Roi fit à chacun des six capitaines une gratification de mille livres (3) ; enfin, comme il était refté quatre compagnies de troupes en Canada, il donna en outre six mille livres aux capitaines , aux lieutenants & aux enseignes de ces compagnies, en leur imposant la même condition (4). Colbert écrivait à ce sujet à M. Talon : « Il s'eft présenté ici quelques officiers des troupes reftées en Canada. Comme il importe au service de Sa Majeffé qu'ils s'établissent dans ce pays & servent d'exemple à leurs soldats, il eft bien nécessaire que vous empêchiez à l'avenir ces officiers de repasser en France. Faites-leur connaître que le véritable moyen de mériter les grâces du Roi eft de s'établir au pays, 8: d'exciter fortement tous leurs soldats à travailler au défrichement & à la cultui'e des terres (5). »
Ayant appris que M. de Contrecœur s'était établi en Canada, Louis XIV lui donna en témoignage de sa satisfadion une gratification de six cents livres, & au sieur de Lamotte Saint-Paul, premier capitaine des troupes reftées en Canada, quinze cents livres qui devaient lui être comptées dès qu'il serait établi (6). Enfin, il avait tellement à cœur l'établissement de gentilshommes dans la colonie, qu'il faisait dépendre de cette condition les faveurs que plusieurs sollicitaient de son autorité royale. Le sieur Jean- Vincent-Philippe de Hautmcsnil, étant repassé en France pour s'y marier, demanda la confirmation de la noblesse, déjà accordée en 1654 à son père, Pierre-Philippe de Ma-