PERSONNES ENVOYEES EN CANADA POUR S'Y ÉTABLIR
nation, sous Tannée 1669 : « Les vaisseaux ne sont pas
« plus tôt arrivés que les jeunes hommes y vont chercher
(0 Leities de la « jes femmes; &, à cause du grand nombre des uns &
Mère de rincarnation, j ^ i • 4. ^ • / n
lettre 83» ^ 6si " ^^^ autrcs, OU les marie par trentame (i). »
QUALITÉS DES JEUNES Nous ue pouvons nous dispenser de répondre ici à
Tétrange assertion d'un écrivain licencieux, qui n'a pas craint d'outrager tout à la fois la vérité, le pays & le Roi, en avançant que les soldats du régiment de Carignan s'établirent avec des filles de joie, & que ce fut là l'origine de
(2) Nouveau voyage la populatiou Canadienne (2) ; calomnie aussi grossière du baron de Lahon- ^ malignement inventée, & démentie par tous les monu-
tan dans 1 Amérique '■ ^ . ...
septentrionale, 1703, mcuts contemporams. « J ai appris sur les lieux, dit Le ^•^'P-"- « Beau, écrivain non suspecf dans cette matière, j'ai ap-
« pris par des personnes de probité & dignes de foi, comme (( du R. P. Joseph, Canadien, 8: d'autres vieillards qui « ont presque touché à ces premiers temps, que les « hommes du régiment de Carignan-Salières s'établirent « avec des filles venues de France, qui étaient à charge à « de pauvres communautés, d'où on les tira pour les con-
(3) Aventures du (( duirc cu Canada de leur plein gré (3). » Déjà, longtemps sieur Le Beau, avo- auparavant, M. Bouchcr, gouverneur des Trois-Rivières,
cat au Parlement, ^ ^ .,,..,.
173s, t. i,p. 9i. avait rétuté cette calomnie dans l'écrit qu'il donna au public, & il ne sera pas hors de propos de rapporter aussi ses paroles : « On dit qu'il passe en Canada quantité de « filles mal vivantes. Il n'eff pas vrai qu'il y ait ici de ces « sortes de personnes; & ceux qui en parlent de cette « façon se sont gravement mépris : ils ont pris les îles de (( Saint-Chriflophe & de la Martinique pour la Nou\'elle- « France. S'il y en vient, ici on ne les connaît point pour « telles, car, avant de les embarquer, il faut qu'il y ait « quelqu'un de leurs parents ou amis qui assure qu'elles « ont toujours été sages. Si, par hasard, il s'en trouve qucl- , ,,..,, . , ,., « ques-unes qui soient décriées , ou que pendant la tra-
(4)Hiftoirc vcnlablc ^ ^ . . ^ T. Ir
& naturelle de la Nou- « vcrséc cllcs aicut fait soupçonncr de se conduire mal, veiie- France. Paris, „ q^ \q^ rcnvoic en France (4). » Nous trouvons, en effet,
i56. dans les ades du Conseil souverain de Québec, un arrêt