‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 143 sur 326 · TIREES DE LA CAM · texte numérisé non relu

TIREES DE LA CAM

PAGNE. sifter au climiat très-rude du Canada, que pour se plier au

travail des champs, nécessaire dans un pays nouveau, on résolut de demander qu'à l'avenir elles fussent tirées principalement de la campagne. « L'on ne veut plus demander « que des filles de villages, propres au travail comme les (( hommes, écrivait en 1668 la Mère Marie de l'Incarna- « tion, Texpérience faisant voir que celles qui n'y ont pas

(5) Lettres de Marie « été élcvécs, uc soiit pas proprcs pour le Canada (3). » de rincarnation.ieitre Q^ f^^. ^q p^j-^j qu'on prit en effet pour un certain nombre;

' '^' ' '^' ^ ^fJQ q^^^e \q choix de ces filles fût hors de tout soupçon,

Colbert désira qu'il fut fait par les curés mômes des paroisses d'où on les tirerait. Voici ce qu'il écrivait à M. de Harlay, archevêque de Rouen, le 27 février 1670: « Par « les dernières lettres c|ue j'ai reçues du (>anada, Ton m'a « donné avis ciue les filles qui y ont été transportées fan- (( née passée, ayant été tirées de l'hôpital général , ne se « sont pas trouvées assez robufies pour résifier ni au cli- «( mat ni à la culture de la terre, & qu'il serait plus avan- (( lageux d'y envoyer de jeunes villageoises, qui lussent

POPULATION AUGMENTÉE. IÔSq ET SUIV. 211

« en état de supporter la fatigue qu'il faut essuyer dans

« ce pavs. Comme il s'en pourrait rencontrer dans les

« paroisses, aux environs de Rouen, le nombre de cin-

« quante ou soixante qui seraient bien aises d'y passer

« pour être mariées & s'y établir, 8c que d'ailleurs vous

« avez toujours eu beaucoup de zèle pour Taugmentation

« de cette colonie, j'ai cru que vous trouveriez bon que je

(I vous suppliasse, comme je le fais par cette lettre, d'em-

'< ployer l'autorité & le crédit que vous avez sur les curés

« de trente ou quarante de ces paroisses, pour voir s'ils '0 Archives de la

^ ^ 1 1 i'11 j* m-irine, rcsiflrc des

« pourraient trouver en chacune une ou deux tilles, dis- evoédi^ions' conccr- « posées à passer volontairement en Canada, pour y être n.mt les coiomes des

'.^1 r / -, Indes, ';année lO-o.

« établies (i ). » f , c ,-

^ ■' toi. IT, lO.

Rien plus, après le choix fait de la manière qu'on ia coimcoxFiAn lo-j- \ient de dire, & les informations prises sur chacune d'elles tes ces jelnes i-er-

. , 1 • 1, SONNES A UNE KKMVE

en particulier, le Roi les mettait sous la conduite dune de \ertu, la saxK femme de vertu , qui les accompagnait dans la traversée nouR-novs. 8c veillait sur elles jusqu'après leur mariage. Nous avons raconté que, lorsque la Sœur Bourgeoys revint de France, elle fut chargée de conduire trente-deux filles à Villcmarie; &, dans ses autres voyages, elle en amena d'autres en Canada pour former des ménages. Mais il elf à remarquer qu'avant de se charger de les conduire elle voulait les connaître toutes, & qu'elle n'acceptait que des personnes de praie vertu, comme elle-même nous l'apprend (2). M. DoUier, parlant des trente-deux filles qu'elle (2;. Écms auio-raamena Tannée 1659, dit à ce sujet : « Cette bonne Sœur piiesdeiaSœurBourf leur a ser\-i de mère dans ce voyage pendant toute la ^^'^^^' (' route 8c même jusqu'à ce qu'elles aient été pourvues, « ce qui nous fait dire qu'elles ont été bien heureuses " d'être tombées dans d'aussi bonnes mains c]ue les « siennes (?>). » S'il parle ici de la sorte, ce n'efi pas que (3) i;ifioiic du Montd'ordinaire elles fussent confiées à toute espèce de per- r'-''^'» ^^ \Gb^a 1659. sonnes indifiinclement, mais à cause de la vertu singulière de la Sœur Bourgeoys, du don qu'elle avait de s'insinuer dans les cœurs pour les porter à Dieu, & des soins

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maternels que sa chanté tendre & généreuse lui faisait prendre de ces filles, tant avant qu'après leur mariage, comme nous le dirons bientôt.

MADAME BOLRDON CHAR- L'auuée 1 668, uiadauie Bourdon, qui venait de perdre

CEE A QiEBEc DU ^^^-^ j^-,^j-; ayant fait un voyas^e en France, fut chargée par

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