‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 163 sur 326 · VALEUR DE LA MONNAIE EN CANADA · texte numérisé non relu

VALEUR DE LA MONNAIE EN CANADA

« personnes ce que font les denrées (i). » Le peu d'argent (0 Archives de la

^•1 •. r^ j 1- ^ j ^ 4.' marine, lettre de M.

monnaye qu il y avait en Canada tut cependant augmente ^^^^^ \ Co,b^.,.t par larrivée des troupes : ce qui faisait dire à la Mère de o6t. icos. rincarnation : « L'argent eft à présent commun, ces Mes- » sieurs en ayant beaucoup apporté. Ih payent en argent « tout ce qu'ils achètent, tant pour leur nourriture que « pour leurs autres nécessités. »

xr.

Cette quantité d'argent ne fut pas pourtant assez con- l'argent monnayé sidérable i^our mettre fin aux échanges, ni pour diminuer '^^'^'^ ^^ *^"'"*'^ ^^

^ . . o ^ r VALEUR DE PLUS EN

le taux du numéraire, qui, en Canada, avait un quart de canada (iu'en franplus de valeur qu'en France : une pièce de c[uinze sous, ^^- pourquoi ? par exemple, en valait vingt en Canada (2). De là, on dis- (-) Hiftoire natu-

• I ^ j ^1 • j t '^cWq. de la Nouvelle-

tinguait nominalement deux sortes de monnaies dans la France, par m. boucolonie : celles de France, ou de livres tournois, & celles cher, p. 161. de Canada, ou simplement du pays : diftin(5tion qu'on voit mentionnée dans la plupart des anciens contrats. Ainsi, en i665, Bouchard, chirurgien à Villemarie, engage, pour l'année, un homme à son service^ aux gages de deux cent quatre-vingts livres du pays & une paire de souliers (3); (3) Grenb de viiie- 8c M. de Saint-André promet à un autre, pour chaque '^^"''' ^°"' "^^^' année, soixante livres tournois. Cette plus grande valeur de la monnaie put avoir dans Torigine un jurte motif : ce fut d'exciter les particuliers à envoyer de l'argent monnayé en Canada, ce qu'ils n'auraient pas fait A^olontiers, à cause des risques qu'il courait en mer, si cet argent n'avait pas dû y avoir un prix plus considérable que dans l'ancienne France. C'était d'ailleurs un moyen très-efficace pour que l'argent, une fois porté en Canada, reftât toujours dans ce pays, puisqu'en rentrant en France il aurait été déprécié d'un quart. Mais au lieu d'un quart de valeur de plus qu'on donnait à l'argent, on se mit à faire passer les liards pour six deniers chacun; & enfin, dans l'espérance de spéculer ainsi sur cette espèce particulière de monnaie, on en apporta une si grande quantité en Canada, que le Conseil souverain, craignant qu'il ne résultât quelque désordre dans le commerce, si ce numé-

(i) Arrêts & règle- rairc s'y multipliait encore, ordonna, par arrêt du 17 avril

"éSur'^Q.uScIsrs' ^^^4' ^^^'^ l'avenir les liards n'auraient cours que pour p. i5, if). ' trois deniers (i).

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