‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 166 sur 326 · FRANCHISE DES ARTS LIBÉRAUX · texte numérisé non relu

FRANCHISE DES ARTS LIBÉRAUX

arait maîtrise en Canada, il en procurerait des lettres à Sicard, qui s'était si tort dillint^uc dans cet ouvrai^c. Celui-ci lut si satisfait de ce témoignage, qu'il le fit conllater dans un acte public qu'il déposa au greffe de Viliemarie, afin que cet acte lui tînt lieu, en quelque sorte, de lettres de maîtrise (i). Il eft vrai qu'en i658 Jean Madry, chi- (i) Gicffcdc Viiicrurden à Québec, se trouvant en France, obtint du sieur "^^^e Hjjuiiietiyag.

'^ ^- . -^ \ Aclc de Chaumont.

François Barnoin, premier chirurgien ordinaire du Roi & prévôt du collège royal de Saint- Côme dans TUniversité de Paris, non-seulement des lettres de chirurgien pour lui-même, mais aussi le pouvoir d'établir en Canada la maîtrise de chirurgie dans toutes les villes & bourgades, afin, dit ce prévôt , « que, dans leurs besoins, les passants « & les habitants puissent être mieux & sûrement servis, « pansés & médicamcntés (2). » Mais ces lettres, quoi- (2)Regiftie des laque enregiftrées au Conseil souverain de Québec, n'ont eu smuations du Conseil

. , ,, j j .... j, souverain de Québec,

aucune suite a l égard de ceux qui désiraient d exercer de 1003 à 1682, a. la chirurgie, & nous ne voyons pas que Madry en ait hm, foi. 7, verso. jamais tiré aucun avantage contre eux.

Jean Martinet, sieur de Fonblanche, né au Mous- franchisepouri/exertiers-Saint-Jean, en Bourgogne, paroisse de Saint-Paul, cice des arts libédiocèse de Langres, exerçait la chirurgie à Villemarie, où il épousa Marguerite Prudhomme, fille de Louis (3); ^ (3) CretTe de viiienous lisons que, quelques années après son mariage, il "1^"^, 1 3 juillet 1670. reçut pour son apprenti Paul Prudhomme, son beaufrère, promettant de lui enseigner, dans l'espace de trois ans & demi qu'il le retiendrait auprès de soi, son art de chirurgien & tout ce dont il s'occupait & entremettait dans cette profession ^4). Ces dernières expressions se rappor- U) itid., 1 5 janvier tent non-seulement à la chirurgie proprement dite, mais i'>7<i- *'^<^i<-' '^•c Basset. encore à la médecine & à la pharmacie ; car les premiers officiers de santé, en Canada, étaient médecins, pharmaciens & chirurgiens tout à la fois : ils traitaient les malades, préparaient les remèdes & opéraient les blessés. Si, cependant, dans les actes publics, on les qualifie simplement du titre de chirurgiens, ainsi que sur les vaisseaux

on donnait ce nom à Tofficier de santé qui accompagnait Téquipage, c'efi: que, dans un pays où Ton avait été sans cesse exposé à en venir aux mains avec les Iroquois, comme à Villemarie, dont même presque tous les premiers colons avaient péri par les armes, Tart de la chirurgie était d'une nécessité plus pressante & d'un usage plus fréquent. Il eft même à remarquer que ces chirurgiens se trouvaient en assez grand nombre à Villemarie ; du moins du 8 juillet i66g jusqu'à la fin de Tannée suivante, nous en voyons cinq : Etienne Bouchard, Fores- (i) Greffe de Ville- ticr (i), René Sauvagcau de Maisonneuve, Jean Rouxel marie, 2., janv. 1671. jg j^ Roussillièrc (2) & Jean Martinet de Fonblanche (3).

(2) Ibid., 8 juillet ^ • > 1 j -11 •

,(36g. On a peine a comprendre comment dans une ville si peu

(3) ibid., i3 juillet populcusc, & alors que les premières paroisses se for- '^' niaient à peine dans les environs, cinq chirurgiens aient

pu subsifter de leurs honoraires.

ASSOCIATIONS d'ou- Aussl voyotts-ttous que plusieurs s'associaient ensem-

vRiERs. CHIRURGIENS |^jg ^ ^^j-^ ^g trouvcr daus leurs clientèles réunies assez d'occupation pour fournir à leur entretien, comme nous avons vu que plusieurs ouvriers s'associaient entre eux pour ce même motif. Ainsi Bouchard s'était associé avec Foreftier, & Sauvageau de Maisonneuve avec le sieur de la Roussillière. Pour faire connaître ici les mœurs de ces temps anciens, nous ajouterons que, par leur contrat d'association, ces deux derniers avaient mis en commun, pour l'espace de quatre années, tous leurs biens, meubles, vivres, marchandises, pelleteries, tous les fruits qu'ils avaient recueillis de la terre, leurs inflruments de chirurgie, leurs médicaments, & enfin tout le revenu qu'ils tiraient de leur labeur & de leur induftrie. Ils convinrent que, pendant ces quatre années, chacun d'eux s'emploierait au profit de la société autant qu'il serait en son pouvoir, sans faire, à l'insu l'un de l'autre, aucune dette excédant la somme de cinq sous, si ce n'était dans une nécessité pressante, & pour empêcher la perte de quelqu'un de$i biens des deux associés ou quelque dom-

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