DES
peu fortunés étaient reçus, soignés & traités gratuitement; & qu'outre la fondation faite à cet effet par madame de Rullion,les seigneurs avaient attribué au même usage plusieurs fiefs, ainsi qu'il a été dit. Le Roi, qui, pour attirer de nouveaux colons en Canada, ne levait dans ce pays aucune sorte d'impôts, quoiqu'il fît, pour son établissement, des dépenses considérables, contribuait encore luimême au soutien des hôpitaux : il donnait annuellement à celui de Québec deux mille livres, & depuis quelque temps six cents livres à celui de Villemarie (2). Comme les (2)' Archives de la habitants de ce dernier lieu désiraient qu'un établissement "'''"?.^: ^«^si^tre des
^ expéditions conccr-
si Utile au bien public fut confirmé par des lettres patentes nant les Compagnies du monarque, ils s'adressèrent à M. Talon, qui, le i5 sep- ^es indes, 1670, fotembre 1667, les autorisa par écrit à s'assembler pour en faire la demande officielle & en commun. Ils se réunirent, en effet, au mois d'octobre suivant, dans la salle du vSéminaire, & il n'y eut qu'une voix sur un projet si avantageux & si nécessaire au pays. M. de Laval joignit encore à ces témoignages sa propre déclaration, & enfin des lettres patentes furent expédiées à Paris, dans le mois d'août de l'année i66g. « Les Religieuses HospitaUères de « Saint-Joseph de l'île de Montréal, en la Nouvelle-France, « dit le Roi, nous ont fait exposer que, dès l'année lôSg,
m" PARTIE. LOUIS XIV.
( I ) Edils, ordonnances royaux. Québec, i834, p. 66.
LE KOI FAIT RECHER.
elles ont été admises & inftallées dans Thôpital qui avait été établi dans cette île quelques années auparavant; elles y ont depuis exercé tous les devoirs de l'hospitalité dans un esprit si désintéressé 8c avec tant d'économie, de piété & de charité, que TÉvèque, les Gouverneur, Magiflrats & habitants de Tîle nous ont suffisamment fait connaître la satisfaction qu'ils en ont & les grands
( avantages que le pays en retire. Et comme il eft jufte de rendre ferme, Ifable & solide pour toujours un établissement si utile, Nous, afin d'encourager ces Religieuses à continuer leurs bons offices avec la même ardeur, avons eftimé que nous ne pouvions le faire plus efficacement qu'en confirmant leur établissement, pour qu'à Tavenir elles y puissent vivre en corps de communauté. A quoi nous sommes d'autant plus excité, que les seigneurs de l'île ont augmenté l'emplacement de ces Religieuses d'une dotation de cens 8c rentes, auprès
;( des lieux dont elles ont déjà fait défricher une partie
( très-considérable ; au moyen de quoi & de leurs autres biens 8c revenus, elles pourront facilement subsiffer 8c
( s'entretenir à l'avenir (i). »
PAYS. ARDOISERIE.
Depuis que le Roi se montrait si désireux de voir CHER LES MINCES DU fjeurir rinduffrie & le commerce en Canada, plusieurs particuliers, excités par M. Talon, s'étaient appliqués à la découverte des mines, dont l'exploitation pouvait être d'un si grand avantage au pays. Au mois d'odobre 1669, la Mère Marie de l'Incarnation écrivait : « L'on a découvert « une belle mine de plomb ou d'étain à quarante lieues « au delà de Montréal, avec une mine d'ardoise 8c une « autre de charbon de terre. M. Talon pourra faire valoir {■>) Lettres de Marie « tout ccla avcc avantage (2), 8c aura de nouveaux moyens « d'enrichir le pays. Le Roi lui ayant donné tout pouvoir, « il fait de grandes entreprises, sans craindre la dépense. » L'ardoiserie dont il eft ici quelfion était située à cinq lieues du lac du Saint-Sacrement, 8c un P. Jésuite qui ra\ait explorée en parlait en ces termes dans la Relation de
de l'Incarnation, lettre S"", oclob. 1669 p. 64fi.