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DES PETITES FILLES

Ce furent des Religieux, des Religieuses &. des Prêtres qui se chargèrent de ce pénible minirtère, dès l'origine du POUR L'ÉDUCATION pays, par un pur motif de zèle pour l'honneur & la sanifification des familles. On a vu qu'à Québec il exiffait pour les garçons un commencement de collège^ tenu par les PP. Jésuites; & pour les filles Françaises^, un pensionnat & des écoles^ dirigés par les Religieuses Ursulines, qui rendirent à la colonie naissante les services les plus importants. « Nous avons ^ écrivait le 9 août 1668 la Mère de l'Incarnation, sept Religieuses de chœur employées, ( tous les jours, à l'inlfruction des filles Françaises, sans y comprendre deux Converses, qui sont pour l'extérieur. L'on efl fort soigneux, en ce pays, de faire inltruire les filles Françaises; & je vous puis assurer, c]ue, s'il n'y avait des Ursulines, pour les élever & les cultiver, elles seraient pires que des sauvages- (2), & dans un danger ( continuel de leur salut. Trente filles nous donnent ici plus de travail, dans le pensionnat, que soixante ne font en France. Les externes nous en donnent beaucoup ; mais nous ne veillons pas sur leurs mœurs , comme si elles étaient en clôture. Elles sont dociles, elles ont l'esprit bon, sont fermes dans le bien, quand elles le connaissent. Comme plusieurs ne sont pensionnaires que pour peu de temps, il faut c^ue les maîtresses s'appliquent fortement à leur éducation, & qu'elles leur apprennent quelquefois, dans un an, à lire, à écrire :

(2) Lettres spirituelles, lettre i2i«, 1 1 0(5t. 16G9, p. 276.

ÉDUCATION DK LA JEUNESSE. 1 668 ET SUIV. 'iSg

« ajoutez encore les prières, les mœurs chrétiennes, 8c

« tout ce qu'une fille doit savoir. Il y en a que les parents

« nous laissent, jusqu'à ce qu'elles soient en âge d'être

« pourvues, soit pour le monde, soit pour la religion.

« Nous en avons huit, tant professes que novices, qui

« n ont pas voulu retourner au monde, & qui sont très-

« bien, ayant été élevées dans une grande innocence.

« Nous en avons encore qui ne veulent point retourner

« chez leurs parents, se trouvant bien dans la maison de

(1 Dieu. L'on nous en donne pour les disposer à leur pre-

« mière communion, 8»: qui passent, à cet effet, deux ou

« trois mois dans le Séminaire. Nos RR. PP. & monsei-

« gneur notre Prélat sont rtivis de l'éducation que nous (O Lettres spiri-

« donnons à la jeunesse; ils font communier nos filles, ;,^^"^' de la Mère de

•' . ' . . rincarnatiorij lettre

« dès l'âge de huit ans, les trouvant autant instruites 112e, g août 1668, « qu'elles le peuvent être (1). » p- ^^7> 258,269.

L'année 1668, les Religieuses Ursulines avaient seize jeannele ber élevée

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