PAR LES URSULINES
(2) Ibid., p. 257.
filles Françaises dans leur pensionnât (2); 8c parmi celles qui furent élevées vers ce temps, nous devons surtout nommer Jeanne Le Ber de Villemarie, fille de M. Jacques Le Ber, déjà nommé dans cette hiffoire. Si Ton doit juger de la bonté d'un arbre par celle de ses fruits, & de l'habileté des infhtutrices par l'excellence des élèves qu'elles forment, le plus digne éloge que l'on puisse faire des Religieuses Ursulines de Québec, dans le grand art d'élever la jeunesse, c'elf de dire qu'elles ont été les inflruments dont la sagesse divine a voulu se servir pour former l'esprit & le cœur de ce rare sujet, la merveille de son siècle en Canada, 8c lun des plus parfaits modèles qui aient pu être offerts jusqu'ici à toutes les jeunes personnes. Les Religieuses Ursulines ne se contentaient pas d'apprendre à leurs pensionnaires à lire 8c à écrire^ elles les formaient encore aux ouvrages de goût, & Jeanne Le Ber apprit alors à faire de la dentelle (3;. « Étant pensionnaire (3) vie c'e Jeanne « dans notre maison, écrivaient ces Religieuses, elle nous ^'t J^'^^'' « a donnée dès sa plus tendre jeunesse, dts marques des
Villemarie,
( I ) Vie de mademoiselle Le Ber,p. lO, 2,6, 27, 3o^ 3i.
plus sublimes vertus & tout à fait au-dessus de son âge. C'cft un usage dans nos classes , qu'aux approches de certaines fêtes principales^ surtout au temps de Noël, on fasse apprendre par cœur aux pensionnaires quelques petites paflorales, ou d'autres pièces de dévotion, tant pour cultiver leur mémoire & pour Torner de choses utiles, que pour leur donner du naturel & de la bonne grâce dans le débit. Mademoiselle Le Ber ne craignait pas de parler en public ; elle le faisait toujours bien et très à propos; mais ce n'était qu'avec peine qu'elle paraissait dans ces exercices, parce qu'ils l'exposaient à s'y faire remarquer & à recevoir des applaudissements. Dans une de ces occasions, où l'on dilfribuait des rôles, le tendre amour de la petite Le Ber pour Notre-Seigneur & le grand désir qu'elle avait de lui être semblable, trahirent son humilité, & n'en firent que mieux paraître le fond admirable de son cœur. Il était quelfion de représenter, sous divers personnages, l'adoration des paffeurs, à la crèche de Jésus Enfant. On lui demanda qui elle voulait représenter dans cette paflorale. C'efl V Enfant Jésus, répondit-elle sans hésiter. Vous ne choisissez pas mal, lui dit-on; mais pourrait-on savoir la raison de votre choix? Elle fit cette réponse : CVy? que le Saint Enfant ne dit mot & ne se remue point, & que je voudrais l'imiter en toute chose (i). »
LES JÉSUITES FORMENT DES JEUNES GENS AUX HELLES -LETTRES ET A LA PHILOSOPHIE.
Les RR. PP. Jésuites, en formant leurs jeunes élè\es
à l'étuJe des belles-lettres, les exerçaient aussi, de
leur côté, à l'art de la déclamation; 8c nous voyons qu'à
l'arrivée de M. d'Argenson en Canada, ils l'avaient fait
complimenter autrefois, dans un exercice public de litté-
» Bibliothèque du rature, par les plus capables de leurs élèves (2). Le 2 juil-
vi'^^d'Ar trson"''Mt' ^^^ ^^^^h ^1 J ^ut chcz eux uu examcn public sur la logique,
luisjrit dej.i ciic. auquel répondirent deux étudiants, qui leur firent beau-
(3; Relation des Je- <^oup d'houncuT Q) 1 l'un, Louis Jolliet, de Québec, aspi-
suiics, 2 juillet i66(i. raut au minillère ecclésiafiique^ à qui M", de Laval avait