DES FILLES SAUVA- GES
KDLCATION DKS ENFANTS SAUVAGES. 1668. 27 1
« ver à kl manière des Français les petits entants sau-
« vages pour les policer peu à peu, j'ai formé exprès un
« Séminaire , où j'en ai pris un certain nombre à ce des-
^( sein; 8: pour v mieux réussir, j'ai été obligé d'y joindre
(I de petits Français, desquels les sauvages apprendront
*« plus aisément 8c les moeurs &: la langue, en vivant avec
« eux (i). » Les Jésuites ;, de leur côté, commencèrent (i)Rciaticn.Jci668,
aussi à élever des enfants sauvages, pris parmi ceux du P'^''
voisinage de Québec, & les Ursulines se chargèrent de
,.,,... \,,, , , (2) Relation dtiôbS
1 éducation de petites nlles [2j. , p. 3.
« Nous avons francisé plusieurs filles sam'ages , tant les lrslllnes élèvent « Huronnes qu'Algonquines, écrivait la Mère Marie de « l'Incarnation; nous les avons mariées à des Français, 8: " elles vivent en fort bon ménage. Il v en a une, entre (1 autres, qui sait lire & écrire, tant en sa langue Huronne « qu'en la nôtre, avec tant de perfection qu'il n'y a périt sonne qui pût se persuader qu'elle fût née sauvage. « M. Talon en a été ravi, 8c l'a obligée de lui écrire « quelque chose en sa langue 8c en la nôtre, pour Tem- 1' porter en France 8c le faire voir comme une chose « extraordinaire. Sa Majerté désire qu'on francise ainsi « peu à peu tous les sauvages, afin d'en faire un peuple « poli. L'on commence par les enfants. Monseigneur notre «' Prélat en a pris un grand nombre; les Révérends Pères « en ont pris aussi en leur collège de Québec. Tous sont « vêtus à la Française, 8c on leur apprend à lire 8c à écrire « comme en France. Nous sommes chargées des filles, « conformément à notre esprit; nous en avions élevé 0 quelques-unes; mais à.présent qu il les faut toutes fran- « ciser 8c les vêtir d'habits à la Française, ce n'efl pas une « petite dtîpense : car il n'y en a pas une d'elles, non plus « que des petits garçons, qui ne coûte pour le moins deux « cents livres pour son entretien (*;. » Les Ursulines de
(*) Mademoiselle de Luynes nous envoyait des étoft'es pour les
Dijon envoyèrent;, en 1670^, quelques secours pour ces enfants, qui, par leur docilité, donnaient à leurs maîtresses les consolations les plus douces. « Ce sont les délices de (I nos cœurs, leur écrivait la Mère Marie de l'Incarnation, « qui nous font trouver dans notre petit travail des doute ceurs que nous n'échangerions pas pour des empires. « Nous vous avons de très-étroites obligations des cha- « rites que vous nous faites pour nous aider à élever ces « enfants; & ce qui nous oblige doublement, c'eft que « votre charitable cœur, afin de nous assifter, se prive de (f, Lettres do Marie « cc qui pourrait VOUS être nécessaire (i). » La Mère de l'Incarnation, let- ^arie dc Thicamation était certainem.ent la personne la
tre 85«, 27 septembre ^ • • t v -, i i i i i i
1670, p. bbi. plus propre a ce miniltere, 6l la plus capable de le remplir
avec succès, comme possédant parfaitement les langues sauvages, & étant en état de les apprendre à ses jeunes Sœurs. « J'avais l'hiver dernier, écrivait-elle plusieurs (( années auparavant, trois ou quatre jeunes Sœurs con- (( tinuellement auprès de moi, pour assouvir le désir « qu'elles avaient d'apprendre ce que je sais des langues 0 du pays. Depuis l'Avent jusqu'à la fin de février, je leur « ai écrit un Catéchisme Huron, trois Catéchismes Al- « sonquins, toutes les prières chrétiennes en cette langue,
(2) /è/rf., lettre 62s » ^ t^. r.- • *, • / ^ .
10 août 16G2, p. 570. « & un gros Dictionnaire Algonquin (2;. »
SUR l'invitation du L'année 1668, les Prêtres de Saint-Sulpice commen-
ROI, LES PRETRES DE ,;.<3j.ei^t j^g ^g^ij. q^^^ ^ élcvcr dcs enfants sauvages, de