‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 177 sur 326 · ZÈLE DU ROI POLR L'É- DUCATION DES EN- FANTS SAUVAGES · texte numérisé non relu

ZÈLE DU ROI POLR L'É- DUCATION DES EN- FANTS SAUVAGES

(i) Archives du séminaire de Québec, vol. in-fol., intitulé :

Nomsde ceux qui sont entrés au petit séminaire.

« blissement dans tous les lieux où il sera jugé le plus à K propos pour la gloire de Dieu : nous le confirmons par « les présentes^ signées de notre main (i). »

Le petit Séminaire de Québec^ ainsi que nous Tarons dit^ dut son origine à l'invitation que Louis XIV fit à M. de Laval de donner ses soins à l'éducation denfants sauvages. C'eft que^, voyant ces barbares si éperdument attachés à leur manière de vivre^, qu"il paraissait comme impossible de la leur faire quitter , ce Prince pensait que le moyen le plus facile et le plus naturel pour les civiliser était de commencer par leurs enfants. 11 résolut donc d'élever à la Française un certain nombre de petits sauvages, en les faisant vivre parmi les colons, de les marier ensuite avec des Françaises, & enfin de leur donner des terres, pour qu'ils s'appliquassent à l'agriculture. M. Talon, à qui il communiqua là-dessus ses ordres, proposa à M. de Laval de se charger de l'éducation d'enfants Hurons; il pressa les Jésuites de s'appliquer à élever des Algonquins (2) ; & fit la même demande aux prêtres de Saint-Sulpice (*). M. de Laval entreprit donc la bonne œuvre, &: forma à cette occasion le petit Séminaire de Québec. « Comme le Roi m'a « témoigné, écrivait-il, qu'il souhaitait qu'on tâchât déle-

(*) Jusqu'alors les prêtres de Saint-Sulpice s'étaient bornés à l'éducation d'enfants Français, pour se conformer aux désirs de M. de Laval. Le supérieur du Séminaire de Villemarie répondit à M. Talon que volontiers il tiendrait une école pour l'éducation des sauvages grands & petits, & appliquerait deux de ses prêtres à leur enseigner la langue Française & à les civiliser, si M. de Laval l'avait pour agréable; & là dessus M. Talon fit cette réponse à Colbert, (3) Archives de la ^^ 27 octobre 1667 (3). « Vous verrez à quoi le supérieur du Sémimarine. Lettre de M. « naire de Montréal s'engage par un écrit ci-joint. J'eftime que si « vous consentez que je lui promette, de la part du Roi, que ses « ouvriers ne seront pas inquiétés ù l'avenir en tenant école pour « l'inftruction des sauvages, on aura beaucoup fait pour les déprendre « de leur humeur farouche, & que, l'émulation se mettant entre eux « & les PP. Jésuites, ils travailleront à l'envi à la perfedion de leur « ouvrage. »

Talon à Colbert, 27 o£l. 1607.

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