CHAPITRE VII
DECOUVERTE ET PRISE DE POSSESSION, AU NOM DU ROI, DE PAYS NOUVEAUX POUR Y PORTER l'ÉVANGILE
M. DE QUEYLUS ENGAGE Appès quc M. dc Qucjlus cut eiTS'oyé, dans l'automne
M. DOLLiER A ALLER ^g j 55^^ ^/[ jrouvé & M. de Fénelon à Kenté, pour y
ÉVANGÉLISER DES NA- - ^ 1 !• -i 1 1 J
TioNs INCONNUES. lormcr un établissement, il trouva bon que deux autres de ses confrères allassent hiverner, dans les bois, avec des sauvages, tant pour lesévangéliserque pour s'inflruire de plus en plus dans leurs langues; & choisit pour cela M. Barthélémy & M. Dollier, qui témoignaient Tun & l'autre un zèle (ijHifioireduMont- ardent pour la sanctification de ces barbares (i). M. Dolrcai, par M. Dollier, jj^j. ^|]^ passer Thiver avec un capitaine Nipissingue, appelé
de I o6f> a i GGg. '^ . ^ ■ j i À n.
Nitarikyk, qui avait un esclave d une nation du Sud-Ouelt, fort éloignée. Cet esclave, ayant été envoyé par son maître à Villemarie, pour chercher quelques objets, visita M. de Queylus, 8: lui lit une description très-avantageuse de son pays, de la quantité des peuples qui Ihabitaient, 8: des
bonnes dispositions de leurs esprits & de leurs cœurs. Touché de ce récit, M. de Queylus écrivit à M. Dollier, par le retour de l'esclave, & lui manda que, puisqu'il voulait se dévouer au salut des sauvages, il semblait que la Providence lui en offrait une favorable occasion par le moyen de cet homme qui pourrait le conduire chez des . nations encore inconnues aux Français, & que ces nations auraient peut-être plus de docilité à écouter les Missionnaires que n'en montraient tous les autres sauvages auprès desquels on n avait pu faire encore presque aucun fruit. ■^ A l'ouverture de la lettre, M, Dollier, ravi de cette proposition, lit grande amitié à l'esclave, s'efforça d'apprendre quelques mots de sa langue, & tira de lui la promesse qu il le conduirait dans son pays, éloigné de Villemarie de sept à huit cents lieues. Sans attendre même que les sauvages avec lesquels il hivernait eussent quitté les bois , il se ( i ) Bibliothèque sépara d'eux & alla trouver M. de Oueylus, qui résolut de impériale; Voyage de
I • j- • j Tvi r> .U'i .. • • 1 • MM. Dollier & de
lui adjomdre M. Barthélémy pour cette mission loin- caiinée, Supplément
taine (l). Français, n» 2460, 3.
M. de Laval arriva sur ces entrefaites à Villemarie, m. de laval donne a 8c dès qu'il fut informé du dessein de M. de Queylus, il l'approuva, le loua hautement & donna à M. Dollier des lettres de pouvoir, assez semblables à celles qu'il avait remises à M. de Fénelon l'année précédente. Ces lettres, datées du 1 5 mai 1 669, sont une nouvelle preuve du dévouement de M. de Laval aux Religieux de la Compagnie de Jésus, dont il fait un très-bel éloge, en recommandant à M. Dollier de se conformer en tout à leurs pratiques, & de les consulter dans les occasions. Ce Prélat y dit entre autres choses que M. Dollier s'était senti attiré de Dieu à travailler à la conversion des sauvages, dans les nations qu'on nomme Outaoïias, placées à une grande diltance (2). (^) GretTc de viiie-
II désignait par là, non les Outaouas proprement dits, chez "j"^""^"^^^; ''^'tmX !66^ y y lesquels les Pères Jésuites étaient déjà allés en mission (3) ; (S) Relation de i663,
^' mais les peuples voisinsduMississipi. C'cll que lesOutaouas p- '°' '7. 22. Reia-
■^ , 1 • ni • o 1 ï'°n ^^ 1664, p. 2, 6.
prétendaient que ce ileuve leur appartenait, & qu aucune Rc]aiiondei667,p.4.