‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 195 sur 326 · LADE · texte numérisé non relu

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Frémin, alors Missionnaire de ce lieu, qui eût pu servir d'interprète, se trouvait absent, étant allé à Onnontagué depuis quelques jours. Heureusement il avait laissé à Sonnontouan son serviteur, qui, dans ce pourparler, fit fort à propos les fonctions d'interprète.

DANGER Ç.LE LES voYA- Cepeudaut , après que les voyageurs eurent fait leur

GEURs COURENT A i-jj^j^Qj^gy^ 8c Icurs préscuts, commc c'était la coutume dans

SONNONTOUAN. M. y ^ -'

DOLi.iER TOMHE MA- CCS circonfiauces , ils se virent obligés de séjourner un mois dans ce village, pour attendre Taccomplissement de la promesse qu'on leur avait faite d'un esclave , & furent dans de continuelles craintes de leur vie pendant tout ce temps. D'abord les sauvages de cette nation étaient alors en guerre ouverte avec d'autres, qui depuis peu avaient tué dix Iroquois de ce même bourg. De plus, le capitaine sauvage massacré près de Villemarie était de ce bourg même; &; ses parents, pour le venger, voulaient à tout prix assommer quelques Français, 8: s'en vantaient hautement. Ces menaces ouvertes obligèrent M. Dollier, 8c de leur côté M. de Galinée 8: M. La Salle, à recommander à leurs hommes de tenir toujours leurs armes en bon état, & même d"en porter quelques-uns en sentinelle toutes les nuits. Enfin, malgré leurs présents & la promesse qu'on leur avait faite d'un esclave, M. de Galinée &. M. La Salle jugèrent qu'il était de la prudence de s'éloigner, quoiqu'ils n'eussent encore rien obtenu. C'eft que ces sauvages, à qui on avait apporté de Teau-de-vie de chez les Hollandais, se livraient dans leur ivresse à des excès si inouïs & occasionnaient tant de tumulte dans ce village, que nos voyageurs y étaient en péril continuel et imminent d'être la victime de leur fureur. Pour surcroît d'épreuves, M. Dollier, peu accoutumé à la vie dure 8c aux privations qu'il s'était ainsi imposées, fut atteint, dans ces circonllances mêmes, d'une fièvre continue qui faillit l'emporter. Se voyant deftitué du minifière d'un prêtre, il disait à M. de Galinée, dans l'extrémité où sa fièvre l'avait réduit : « Je suis content 8: j'ai même de la joie d'être

GARA. LES VOYA- GEURS ARRIVENT A

« ainsi privé de tout secours pour le corps & pour Tàme. « Oui, j'aimerais mieux mourir au milieu de ces bois, « dans Tordre de la volonté de Dieu, comme j'ai la con- « fiance d'y être, qu'au milieu de tous les miens, dans le (0 Voyage dcMM-

^ . .-^ , ■' ?,, • / X Dollicret de Galincc;

« bémmaire de ViUemanc (i). » ibn,

Enfin, M. DoUier s'étant heureusement rétabli, ils chute d'eau du niaquittèrent le pays des Sonnontouans , & arrivèrent à une rivière qui elt la décharge du lac Érié dans le lac Ontario, tenaoutoua .( C'eû une des plus belles catarades ou chutes d'eau qui « soient au monde, rapporte M. de Galinée. Aussi Ten- » *-^'7 « tendîmes-nous de l'endroit où nous étions, quoique « nous en fussions à dix ou douze lieues; & M. Trouvé , « m'a dit l'avoir entendue aussi de l'autre côté du lac On- J ' (i tario, vis-à-vis de cette embouchure. » Au bout de cinq jours de marche, ils arrivèrent à l'extrémité de ce lac, & M. La Salle, étant allé à la chasse, en revint, atteint à son tour d'une grosse fièvre qui, en peu de jours, mit sa vie en péril. Là, un guide que les Missionnaires avaient pris leur fit espérer qu'après un mois & demi de bonne marche ils arriveraient aux premières nations, qui étaient sur les bords du Mississipi, & pourraient y passer l'hiver. M. Dollier, se voyant en si beau chemin d'arriver bientôt chez ces peuples, auxquels il voulait sacrifier sa vie, ne pouvait contenir sa joie, & était même résolu de ne jamais retourner à Villemarie, s'il en trouvait quelqu'un qui voulût le recevoir. Ils partirent de là le 22 septembre 1669, & le 24 arrivèrent à un village nommé Tenaoutoua. Si les V^^ pouvoirs donnés à M. Dollier n'eussent pas eu pour objet les peuples du Mississipi, à l'exclusion des Iroquois, il se fût arrêté dans ce village, à cause des infiances que lui en firent les sauvages, en lui protefiant qu'ils s'appliqueraient à la prière tout de bon. Mais il crut devoir passer outre, & leur promit que les robes noires de Kenté iraient les a infiruire l'hiver suivant, comme en effet l'un d'eux, sur j \ une lettre de M. Dollier, alla les visiter au mois de no vembre 1670. 1

VOYAGEURS «ENcoN- Au villagc Tciiaoutoua, les voyageurs trouvèrent le

TRENT joLLiET. y' sleuF Jollïet;, doiit on a parlé, c^ui y était arrivé la veille. Parti précédemment de Villemarie pour les Outaouas, avec une flotte de quatre canots & des marchandises, il avait eu ordre de M. de Courcelles de monter jusque dans le lac Supérieur, pour s'assurer de Tendroit où était une mine de cuivre, dont les extraits n'avaient presque pas besoin d'être raffinés, tant le cuivre en était beau & pur; mais, pressé pour- son retour à Villemarie, à cause de la saison avancée, il ne put aller à cette mine. Il apprit aux Missionnaires qu'il avait envoyé de ses hommes pour chercher une nation fort nombreuse, chez laquelle aucun ouvrier évangélique n'avait jamais pénétré; & comme, depuis le pays des Outaouas, JoUiet avait marqué les lieux '- qu'il parcourait, il leur offrit la description qu'il en avait - faite. Ils l'acceptèrent, & M. de Galinée la réduisit en carte \^ marine, ce qui leur servit beaucoup pour se conduire dans le chemin.

M. LA SALLE MALADE M. La Sallc , voyant alors que les deux Mission-

naires allaient partir dans deux ou trois jours pour s'acheminer vers le lac Érié, leur déclara que Tétat de sa santé ne lui permettait pas de continuer le voyage, & qu'il était résolu de retourner à 'Villemarie, ne pouvant se résoudre à hiverner dans les bois, où le peu d'adresse de ses gens & leur inexpérience pouvaient les exposer tous à mourir de faim. Jusqu'alors M. Dollier avait célébré trois fois par semaine le Saint Sacrifice, sur un petit autel soutenu avec des avirons, au moyen de fourches, & entourés des voiles de leurs canots. Les voyageurs se dérobaient ainsi, autant qu'ils le pouvaient, aux regards des sauvages, qui, dans l'ignorance où ils étaient de nos myffères, auraient pu s'en railler; « & de cette sorte, ajoute M. de Galinée, nous (( avons eu le bonheur 8c le bien de célébrer le Saint Sa- « crifice dans plus de deux cents endroits où il n'a- « vait jamais été offert. » Le dernier jour de septembre 1669, M. Dollier dit la Sainte Messe avant leur sépara-

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