SERVIR A L HISTOIRE DES VOYAGES DE LA SALLE
DÉCOUVERTE DU MISSISSIPI. 3l3
ce même sujet : « Si Ton voit aujourd'hui la découverte « qu'on a faite de Tembouchure du Mississipi, Ton peut
j. ,. n , jt 1 -v 1 Ti/r T o 11 • (0 '^'^^- ^^ l'AmC-
« dire que 1 on a pronte des lumières de M. La Salle, qui rique septentrionale, « a d'abord connu tous ces pays. Il ei\ le seul qui ait '"-■-• p^"s, '722,
' '^ j\ ^- ^ / \ t. II, chap. XII, p. i34,
« SU pénétrer ce valte continent (ij. » j35
Nous n'entrerons pas dans cette discussion, qui n'efl: particularités pour
point de notre objet ; seulement nous ferons remarquer ici, que, par un contrat, qui se trouve au greffe de Villemarie, il eff manifefte que La Salle continua ses explorations. On y voit que, le 6 du mois d'août 1 671, il avait reçu à crédit, dans son grand besoin & nécessiié, des mains de M. Migeon de Branssat, procureur fiscal à Villemarie, des marchandises, qui se montaient à la somme de quatre cent cinquante-quatre livres tournois. On y voit encore que, le 18 décembre 1672, étant à Villemarie, il promit de payer, au mois d août suivant, la même somme, en argent monnayé, ou en pelleteries, soit à Villemarie, en la maison de M. Jacques Le Ber, où il demeurait; soit à Rouen, en celle de M. Nicolas Crevel, conseiller du Roi & maître des comptes, son parent (2). Nous rapportons ici ces par- (2) Crene de vnieticularités, comme pouvant servir d'éclaircissement à This- ■^^"'^' '^ décembre
^ . j , . ,,,, 1672. Obligation de
toire des voyages de ce navigateur célèbre. LaSaiic.
Nous ajouterons cependant que, s'il avait déjà décou- .j ^.v salle découvrit vert le Mississipi. il n'était pas descendu jusqu'à son le mississipi, il ne embouchure. Du moins, M. DoUier de Casson, dans un ^^'^^^!!1 ^tlnn.,"
-■ ' QU A SON EMDOU-
écrit qu'il composa en 1671, ne savait pas encore lui- chure.
même alors où se déchargeait ce fleuve. Voici comment
il en parle, en rappelant son voyage de i66g, avec M. de
Galinée : « Il y a deux ans qu'il partit de Villemarie deux
(< Ecclésiafliques, pour aller évangéliser plusieurs nations
« sauvages, sises le long d'une grande rivière, que les Iro-
« quois appellent Ohio 8^ les OuXixouiis Mississipi. Leur
« dessein ne réussit pas, pour quelques inconvénients,
« qui sont assez ordinaires dans ces sortes d'entreprises.
« Mais toujours ont-ils appris, par les approches qu'ils ont
3l4 m' PARTIE. LOUIS XIV.
« faites de cette rivière^ qu'elle était plus grande que le
« fleuve de Saint-Laurent ; que les nations établies sur ses
« rivages étaient fort nombreuses; & que son cours ordi-
« naire était du levant au couchant. Après avoir bien exa-
« miné les cartes que nous avons des côtes de la Nouvelle -
(( Suède, des deux Florides, de la Virginie et du Vieux-
(( Mexique, je n ai point trouvé d'embouchure de fleuve
. (I) Bibiioth. impc- ^^ ■ f^^j comparable à celle du fleuve Saint-Laurent; ce
nale. Manuscrit Fran- ...
çais. Suppic'ment, « qui me fait croire que celle dont nous parlons tombe n" 1 26 D. Récit du ^^ ^aus uuc autre mer. Mais de savoir où, j'en laisse le
voyage de M. de Cour- '
celles. « jugement aux plus savants (i). »
joLUET ENTRE DANS LE Quol qu 11 cu solt dc la priorité de La Salle sur Jolliet,
Mississipi LE i5 JUIN Q^ jg Jolliet sur La Salle, dans la découverte du Mississipi, voici ce qui ne peut être conteflé par personne, relativement au P. Marquette & à Jolliet. L'auteur de la dernière Relation des Jésuites, celle de 1672, le P. Dablon, écrivait le i" août 1674 : « Il y a deux ans que M. de Frontenac « & M. Talon jugèrent qu'il était important de s'appliquer « à la découverte de la mer du Midi, & surtout de savoir « où allait se décharger la grande rivière, dont les sau- « vages font tant de récits. Dans ce dessein, ils firent choix « du sieur Jolliet, qui, étant arrivé aux Outaouas, se joignit « au P. Marquette, qui l'attendait. Ils se mirent en che- « min avec cinq autres Français, vers le commencement « de juin 1673, & entrèrent enfin, le i5 juin, dans cette « fameuse rivière, que les sauvages appellent Mississipi. « Mais apprenant de ceux-ci qu'ils approchaient des habi- « tations d'Européens, 8c ne doutant pas qu'ils n'allassent (( se jeter dans les mains des Espagnols de la Floride « s'ils avançaient davantage , ils retournèrent sur leurs
(2) Archives du se- " paS (2). »
minaire de saint-sui- ^ ^g témoignage, uous ajoutcrons celui de Jolliet lui-
picc, à Pans ; Docu- ^ , • , , , < x * 1 r- 1
ments pour servir à mcmc , ecrivaut, probablement a M. de rrontenac, le l'hifioire de l'Église iQ odobre 1674: « Il n'v a pas longtemps que je suis de
du Canada, t. l'T, pre- , - • 1 u 1 J ** *
mière pièce. " rctour de mou voyage ; j ai eu du bonheur pendant tout
« ce temps-là; mais en m'en revenant, étant près de