‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 211 sur 326 · BRAVES · texte numérisé non relu

BRAVES

Au retour du printemps de cette année 1671, le fleuve Saint-Laurent ne fut pas plus tôt libre, par le départ des glaces, que le Gouverneur monta à Montréal, suivi des officiers & des gentilshommes du pays, sans rien dire encore à personne de son dessein. Le motif avoué de ce voyage était de recevoir à Montréal les prisonniers Outaouas qu'il avait sommé les Iroquois de lui amener; il en reçut en effet quelques-uns, & comme il avait promis aux Outaouas, qui devaient venir en traite, de les y voir, il fit quelque séjour à Villemarie pour les attendre. Jusque-

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la il avait tenu son dessein secret, de peur que, si des Iroquois en avaient vent, ils n'allassent l'attendre dans les passages ditficiles, pour tomber sur lui, & ensuite sur les polkas Français. xMais étant à Villemarie, & avant l'arrivée des Outaouas, il déclara publiquement la résolution où il était de monter jusqu'au lac Ontario, non pas en canot décorce, mais en barque, afin de montrer aux Iroquois que, quand il le voudrait, il pourrait mettre tout à feu & à sang dans leur pays. Dès qu'ils en eurent connaissance, les sauvages, aussi bien que les Français, regardèrent un tel vovage comme impossible. M. de Courcelles, néanmoins, fit confiruire alors même un bateau plat de deux ou trois tonneaux, dont il donna le commandement au nommé Champagne, sergent de la Compagnie de M. Pérot, 8: lui associa huit soldats pour le conduire. Plusieurs braves militaires, à Villemarie, voulurent partager les périls de cette hardie tentative & se joindre au Gouverneur. De ce nombre, M. Pérot, Gouverneur particulier de Tîle de Montréal; le Gouverneur des Trois-Rivières, qui était alors M. de Varennes; M. Charles Le Moyne de Longueuil; M. de Laubia, capitaine d'une Compagnie; M. de La Vallière; M.de Normanville. Enfin, quantité de jeunes gentilshommes du pays voulurent accompagner aussiM.de Courcelles, par honneur. M. Dollier, qu'il avait invité à les suivre en qualité de Missionnaire, se joignit volontiers à' eux pour faire les foncffions d'aumônier, & ceÛ lui qui nous a donné la Relation détaillée de ce voyage.

Le 2 juin 1671 , on partit donc de Villemarie, au voyage ; ce q.ue m. de nombre de cinquante-six personnes, ayant en tête deux trompettes, 8c on alla par terre jusqu'au lieu de la Chine, au-dessus du Saut Saint-Louis. Là, avant de commencer p^^^" une navigation si dangereuse, chacun se fit un devoir de suivre l'exemple édifiant du Gouverneur général, en mettant ordre à sa conscience; & l'embarquement eut lieu le lendemain sur treize canots d'écorce 8c le bateau dont on a parlé. Chacun dans cette troupe était rempli d'une joie

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