TOME III
leurs voisinages des maisons-fortes^ qui, dans le besoin, pussent leur servir de lieux de retraite. Pour ce motif les seigneurs de Montréal résolurent, en 1671, d'ériger d'autres fiefs nobles, dans les endroits de leur île les plus importants & les plus exposés, & de donner ces fiefs à des militaires, avec obligation pour eux d'y conftruire des maisons de défense & d'y résider. Un grand nombre de colons s'étant déjà établis jusqu'à la Pointe-aux-Trembles, & même bien au delà de ce lieu, M. de Queylus, le 28 juillet, avait accordé au brave Pierre Picoté de Béleffre les terres situées au bas de l'île de Montréal, à partir d'une concession déjà faite à Jean Baudoin, & de là, en suivant le bord du fleuve Saint-Laurent, jusqu'à la rivière des Prairies, sans autre charge que de payer aux seigneurs vingt
(i) Greflc de Ville- , , , .>.\ , .
marie, 28 juiii. 167 1. SOUS dc rente chaque année ( ) (i).
Jusqu'alors aucun des colons n'avait osé s'établir sur
la rive de l'île de Montréal qui borde la rivière des Prairies, par où les Iroquois venaient quelquefois attaquer les colons. Voulant leur fermer ce passage, fortifier en même temps le bout de l'île, & bloquer tout à la fois l'entrée de la rivière de l'Assomption, M. Dollier érigea, le 7 du mois de décembre de la même année 1671, deux fiefs sur la partie de fîle de Montréal qui fait face à cette rivière : le premier en faveur de M. Philippe de Carion du Fresnoy, lieutenant de la Compagnie de La Motte, au régiment de (2) Grefle de Ville- l'Elfradc (2) ; & le second, pour M. Paul de Morel, enseigne marie, 8 juillet 1674. ^^^ j^ mômc Compagnie. Ces liefs, contigus l'un à l'autre,
Contrat de mariage 111 j 1 •
de Louise Soumiiiart. composés chacun de deux cents arpents de terres, huit