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ERECTION DES FIEFS DE CARION, DE MOREL ET DE VERDUN

(*) M. de Queylus se proposait alors de faire un voyage en France pour vendre ses biens & en consacrer le prix il rétablissement (3) Arcliivcs de la ^^ l'^ colonie (3); & comme il était nécessaire que, pendant son marine, lettre de M. absence, quelqu'un du Séminaire fût autorisé à faire des concessions Talon à Colbcrt, 10 de terre, M. de Bretonvilliers, au mois de mai de cette année 1671, nov. 1G70. Mémoire donna pour cet effet les pouvoirs les plus étendus à M. Dollier de de M. Talon à Col- Casson, notamment le droit d'ériger & .de donner des fiels nobles qui bjrt, du cj nov. 1671. pouvaient être si avantageux à la sûreté de la colonie.

FIEFS rOUR FORTIFIER MONTREAL.

Concession Morel.

du fief

sur les bords de la rivière & vingt-cinq en profondeur, leur furent donnés pour en jouir, eux & leurs successeurs, en toute propriété, à titre de fiefs nobles, sans juflice, avec droit de chasse dans ces terres & de pèche dans la rivière, sur toute leur largeur, à la charge de la foi & hommage, qui devait être portée & rendue aux seigneurs, dans leur maison de Villemaric, comme aussi de ne pouvoir vendre sans leur consentement, à des gens de main-morte, aucune portion de ces mêmes fiefs (i). Mais pour que les sieurs 0) Greffe de viiicde Carion & de Morel pussent, en cas d'attaque dans ces con|-essLn du Lïl'e. lieux écartés, repousser les Iroquois, plusieurs hommes de Carion, 8 déc. 1671 cœur désirèrent de s'établir aussi sur le bord de la rivière des Prairies; &dès le commencement de Tannée 1672, M. Dollier fit des concessions de soixante arpents de terre à chacun de ces braves. Parmi les premiers nous devons nommer : François Boulard, dit Cambrai, François Dormet, dit la Lande, Paul d'Azé, Jacques Hubert, Pierre Magné, Pierre Chantreux, dit Tourangeau, François Fortin, dit Pierre Mesle (*) (2), Après rétablissement de ces fiefs, d'autres particuhers allèrent aussi s'établir à la rivière des Prairies, 8: au bas de Tîle, sur les concessions de terres que le Séminaire leur lit à chacun (**). Enfin le 26 décembre 1671, le Séminaire créa un autre fief noble, dont

(..) /i/(f. Concession de 1672. i5 janvier, i5 février, 20 & 28.

ibid.f 2 5 avril.

(*) Ce dernier épousa peu après une vertueuse fille de Troyes, Louise Soumillart, conduite en Canada avec deux de ses sœurs, Marguerite & Catherine, par la Sœur Bourgeoys, leur tante maternelle. Louise, dont l'ade de mariage fut passé dans la maison neuve de la Congrégation, était fille d'Orson Soumillart, huissier royal à la cour souveraine de Troyes, & de Marie Bourgeoys (3).

(") Comme dans les différends qui survenaient entre eux, ces colons étaient obligés de faire venir des sergents de Judice du château de Villemarie, éloigné de quatre, de cinq & six lieues, les seigneurs de Montréal, au commencement de l'année 1673, nommèrent sergent d'oflRce un habitant de la côte Saint-Martin, appelé Pierre Cabasié (4), qui fut reçu & infiitué en titre par M. d'Ailleboud, juge de rile(5;. C'eft ce même Cabasié qui, l'année suivante, fut établi notaire public & se trouve avoir cette qualité dans la lifte des notaires de l'ile de Montréal (6).

(.Ti Ibid., 8 juillet 1G74. Contrat de mariage.

(4)Greflede Villemarié. Regiltrc dos audiences. Mardi 24 janvier 1673.

(5) Ibid,, l'S janvier

(6j Lifl of notaiics, p. 2.

340 m*" PARTIE. LOUIS XIV.

il invertit M. Zacharie duPuy, major de Tîle, pour qu'il en jouît, lui & les siens, aux mêmes conditions. Ce nouveau tief appelé de Verdun, situé au delà de la rivière Saint- Pierre, en tirant vers le Saut Saint-Louis, se composait de trois cent vingt arp?nts de terres, dont M. du Puy avait (0 Greffe de Ville- déjà été mis cu posscssiou par le Séminaire, quoique sans

marie, 26 déc. 1671. . . / \

Fief du Puy. contrat(i).

ÉRECTION DES FIEFS DE Par Téreilion de ces quatre fiefs, y compris celui de

B0.SBRIANT, D'AILLE- j^ ç^j^jj^g |g ^^^^j.^ ^ lg j^^g ^g j^-jg ^^ Montréal étaient

BOUST, DE BELLEVUE, , ^

ET DE SAINT-ANDRÉ. Hiis en état de défense ; mais il était surtout important d'en fortifier la tête en établissant des colons sur le bord des lacs de Saint-Louis & des Deux-Montagnes, par où les sauvages avaient coutume de descendre pour faire leurs hostilités. M. Dollier y érigea quatre autres fiefs nobles, en faveur de gentilshommes qui avaient fait preuve de zèle & de courage pour la défense du pays. Le 19 janvier 1672, il accorda le premier à un capitaine d'infanterie déjà nommé, M. Sidrac du Gué, sieur de Boisbriant(*). Ce fief, situé au bord du lac des Deux-Montagnes, se composait de deux cents arpents de terres & fut appelé de Boisbriant; 8c comme M. du Gué témoignait beaucoup de zèle pour rétablissement du pays, & que même il avait déjà fait cons-

(*) La plupart des officiers que nous nommerons dans ce chapitre sont qualifiés capitaines, lieutenants ou enseignes au régiment de Carignan, quoique dans plusieurs a6tcs on suppose qu'ils avaient appartenu à d'autres régiments que ce dernier. Ainsi, M. du Gué efi dit tantôt capitaine au régiment de Carignan, tantôt au régiment de MontaigUj & enfin au régiment de Chambell, ce qui eft peut-être une altération du nom de M. de Chambly^ alors commandant des troupes en Canada. On peut supposer de là que ces oflficiers avaient successivement appartenu à plusieurs régiments, & qu'après avoir quitté le service, ils se qualifiaient du nom de quelqu'un des régiments oi^i ils avaient eu l'emploi. Ainsi, dans les lettres de noblesse pour M. de Contrecœur, on lit qu'il avait d'abord été capitaine du régiment de Montizon, qu'ensuite il avait servi dans les chevau-légers de M. de Créquy, & enfin dans le régiment de Carignan dont il avait même eu le commandement dans une campagne.

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