VILLE DE QUÉBEC. 37 I
s'élevaient les magasins de la Compagnie^ flanqués de deux tourelles du côté du midi & accompagnés de deux petits pavillons du côté du nord. C'était là aussi qu'était la batterie établie par Champlain pour commander sur le fleuve.
De la Basse-Ville on montait à la 'Ville-Haute par un chemin tortueux pratiqué entre des rochers, & sur la droite on rencontrait le cimetière. Ce chemin, qui aboutissait à l'église paroissiale, se divisait en deux : d\in côté, il conduisait chez les Jésuites & à l'Hôpital, &, de l'autre, au Fort des sauvages 8c au château Saint-Louis. Le château, ou le Fort du Roi, gardé par des soldats nuit & jour, sous les ordres du Gouverneur, était de forme irrégulière, flanqué de baflions armés de pièces d'artillerie, & ofl'rait à l'intérieur plusieurs corps de logis séparés les uns des autres. A quarante toises de là environ, on voyait, du •côté du midi, un petit jardin clos, à Tusage du Gouverneur; 8: devant le château, à rouefl, était la Place d'Armes en forme de trapèze. Sur Tun des côtés de cette place, l'on voyait un bâtiment attribué d'abord à la sénéchaussée & qui: portait le nom de Palais; c'était là, sans doute, qu'en 1664 le Conseil souverain tenait ses séances. De la Place d'Armes partait le grand chemin qui conduisait du Cap Rouge, & à droite & à gauche de ce chemin étaient quelques emplacements donnés à des particuliers pour y bâtir. Le Fort des Sauvages était ce réduit, dont on a parlé, qui servait d'asile aux trifles relies de la nation Huronne, formant en tout quatre-vingts âmes, en l'année i665 (*) (i). Il continua d'être occupé par eux jusqu'à la (oArch. delà Pt-o-
pagandc, vol. Ame-
' " • rica, 3, Canada, i56;
X • [■ ■ , . de Ecclesia Hi&o^
c In interiore suntportus,vadosa navium ora, mercatorum apothcctt ^^ica^ i665, fol 59. « ubi & merces servantur & venduntur, commercium quodlibet « peragitur publicum , & magnus civium numerus commoratur. » Informatio de Statu Ecclcsiœ, ibid.
(') « Huronica apud Canadenses Ecclesia, écrivait M. de Laval j « tota penè interiit, si animas exceperis odloginta communi ruinas « superftites, hicque Quebeci, velut in asylo vitam trahentes. Multô « plures numerantur adhuc; scd captivi partim detinentur ab hofte
372 m*' PARTIE. LOUIS XIV.
paix faite avec les Iroquois après Tarrivée des troupes, & ils le quittèrent alors pour se livrer à la culture des (0 Relation de 1669, tcrrcs (i), coiiime nous Tavons raconté ailleurs. Outre les ^'^ ' bâtiments des RR. PP. Jésuites, ceux des Religieuses
Ursulines & ceux de THôpital^ on voyait à la Haute-Ville une maison située derrière le chevet de Téglise paroissiale, où habitait M. de Laval. C'était probablement celle qu'il appelait son Séminaire, & où il faisait élever des jeunes gens qu'on pût promouvoir un jour au sacerdoce. Déjà, avant Tannée 1661, il avait conféré les Ordres mineurs à un jeune Canadien, né de parents Français, & le sacerdoce à M. Henry de Bernières, venu avec lui de (2) Arch. de la Pro- France (2). C'était au Séminaire que le prélat résidait rtca'^3^CaTada 256- '^^'^^ ^^^ prêtrcs, au nombrc de huit, qui composaient Reiatio Missionis , alors tout le clergé séculier de Québec. Là était aussi an 1660, art. 47, 48, p^gU^e (\q Notrc-Damc, en forme de croix latine, cons-
fol 12. '-' - ^
truite en pierre, & regardée dans ces commencements de la colonie comme un valle & magnifique bâtiment. On y observait, pour la célébration du Service Divin, le cérémonial des Évêques; & les prêtres, ainsi que les jeunes clercs élevés au Séminaire, assiffaient toujours aux offices, comme aussi dix ou douze enfants de chœur. En outre, les fêtes solennelles, on y chantait en musique la Messe, les Vêpres & le Salut, avec accompagnement d'un inftrument à cordes &de l'orgue qui ajoutaient beaucoup à l'har- (3) ibid., de Statu monic & à la douceur du chant {*) (3). Après que le Roi
Ecclesiœ, 21 oélobris
1661, fol. 27, 28. — ^
« omnis tum humancc, tum divinœ fidei experte, partim ad loca, « quô tutiùs saluti consulerent, remotissima omnibusque impervia « penetrarunt. » Archives de la Propagande^ ihid.
(*^) Voici la description que M. de Laval fait de la Haute-Ville : « In superiore urbe sunt Propugnaculum regium, cui milili- « busqué plurimis diu nocluque in eo vigilantibus priuticiturGubcr- « nator, Callellum ferorum hominum, Religiosa Domus & aliquot « habitantium pritterea. Basilica nunc ibi lapidibus conitru^la cer- « nitur & magna sane & magnifica. Officium in ea divinum juxta " Episcoporuni cx-rcmoniale celebratur, cui & presbyteri & clcrici « juniores qui in noilro Seminario Ecclcsiiu vacant discipliniu & ' « dcccm duodccimve à Choro pueri continué assillunt. In majoribus
T..111. Ul./W ■'-.'
PLAN DU HAUT ET BAS QUEBEC c'onuHc il est (Mi l'an iGGo.
a Fort s! Loiiùr.
b Grande Ej^-lùe.
c Sànéeluiiufsée ■
d Grand C/wmiii dit cap roito-c .
<' Jardin du Fort ■
J' Cimetière .
1/ Mae^-iurinx ■
h JlaLeoiu' dej particulier^' ■
i J\uej-
j Place d armer .
k Projet dej'ortificiition ■
l Projet d une batterie sur /c/Ictiitc
p. Dirn imi>. r //uitr,-/;-llM,- 3l l'a