‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 236 sur 326 · DU CHATEAU DE VIL- LEMARIE · texte numérisé non relu

DU CHATEAU DE VIL- LEMARIE

VILLEMARIE HAUTE-VILLE. 1672. 38l

la ccrcmonie par M. Philippe de Carion, lieutenant de

M. de La Motte-Saint-Paul. La troisième pierre fut posée

par -\L François-Marie Pérot^, chevalier^ seigneur de

Sainte-Geneviève, Gouverneur de Tîle de Montréal; la

quatrième, par M. Dollier de Casson, au nom de M. de Bre-

tonvilliers ; la cinquième enfin, par mademoiselle Mance (i ). (i) Rcgirtre des dé-

Comme chacun désirait vivement de voir TÉglise bientôt '''^^f'^t'ons de la pa-

... ,. , . roisse de Villemaiic,

achevée, divers particuliers s imposèrent volontairement 3 juillet 1672. des cotisations, pour y contribuer, les uns en argent, d'autres en matériaux, d'autres en journées de travail; & les prêtres du Séminaire résolurent même de démolir le château ou le Fort de Villemarie, qui tombait en ruines, pour en employer les bois &. les pierres à la nouvelle construction.

Ils en écrivirent à M. de Bretonvilliers, pour lui démolition dw fort ou demander son agrément ; mais, impatients de voir le bâtiment de l'Église avancer rapidement, ils démolirent le château, sans attendre sa réponse, qu'ils ne pouvaient guère recevoir alors qu'au bout d un an. Quand M. de Bretonvilliers eut appris cette résolution, il ne put s'empêcher de la blâmer, & leur écrivit : « Si le château, que « vous avez pris la résolution d'abattre , n'était point « encore démoU, il ne faudrait pas y toucher, pour ne pas « nous exposer dans la suite à de mauvaises affaires; ce « sont des coups qui peuvent avoir plus de suite que vous « ne pensez (2). » Mais Tannée suivante, ayant appris (2) Lettre de m. de que le château était démoli, il leur écrivit : « L'année pas- ^■"'^^«'^^'"'•^'"s ^ux

T ^ r Messieurs du Scmi-

« sée vous résolûtes d'abattre le château de Montréal, & naire, mai 1675, i-' « actuellement vous l'avez abattu. Rien ne pressait : vous y°'" ''^^ ^'^"* "^^

'■ -M. Ironson.

« pouviez attendre là-dessus notre réponse; 8c cela pourra « bien nous faire de la peine un jour (3). » En effet, (3) ibic/., 17 mars quoique les seigneurs semblassent être en droit de démolir cet édifice, qui était leur propriété particulière, les officiers du Hoi improuvèrent cette démolition, & défendirent verbalement de continuer d'en enlever les pierres. « Bien « que la défense qu'on nous a faite ne soit que de parole, »

écrivait sur ce sujet le Supérieur du Séminaire de Saint- Sulpice de Paris^ « il faut obéir, de peur qu'on ne relève « la faute que Ton a faite en abattant le château, & qu'on « ne nous en fasse une affaire. Il ne faut point donner lieu « à renouveler la défense cette année. 11 vaut mieux (i attendre que les esprits soient calmi^s & qu'on puisse le (i)Lett. deM.Tro.-.- « faire plus doucemcut (i). » On se conforma ponctuelleson a . o ler, mai j^^j-^^ ^ j,g|.|.g recommandation; car ce ne fut qu'en 1682

(2) Annales de l'Hô- OU 1 683 c[u'on achcva de démolir (2) ce qui refiait des tel-Dieu saint-Joseph, Qj-^^iens balHous de pierre, & des bâtiments de bois du

par la Sœur Morin. '■ . ...

château de Villemarie. Mais comme les cotisations des particuliers ne suffisaient pas pour continuer les travaux de rÉglise, 8c que chacun désirait ardemment de les voir avancer : on tint, après la démolition du château, une

(3) Regiiire A de la assemblée de paroisse, le 26 janvier 1676 (3), dont la conparoisse de \iiiema- ^i^^^jon fut de faire daus rîle une quête, qui rapporta deux

ne, 26 )anv. 1076. . 1 ^ x i r

mille sept cents livres; & enfin, quoique M. Souart se fut engagé à fournir le bois nécessaire, tous ces secours ne suffirent pas, & Touvrage traîna encore plusieurs années.

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