DES TROUPES EN CANADA
Nous avons exposé, dans les chapitres précédents, les divers moyens employés par Louis XIV pour procurer l'augmentation & la prospérité de la colonie; mais les etîbrts de son zèle n'eurent pas toujours le succès qu'il s'en était promis & qu'il avait droit d'en attendre. Dans le corps moral de TÉtat, le prince ne peut exécuter par luimême les desseins qu'il a conçus; comme la tète dans le corps humain, il a besoin, lui aussi, de mains & de bras pour agir ; 8: souvent il eft assez mal servi par ceux à qui il communique son autorité & qu'il honore de sa confiance. C'ert ce que nous verrons maintes fois dans la suite de cette hifloire, où nous aurons à déplorer les abus étranges que firent de l'autorité de Louis XIV les officiers mêmes qu'il avait chargés du gouvernement du pays. Contre son attente & sa volonté, l'arrivée des troupes y introduisit le relâchement dans les mœurs, Ik donna une funefte atteinte à celte simplicité primitive, à cette charité généreuse que nous avons admirées tant de fois, & qui, pendant près de trente années, avaient fait comme le caractère particulier de la colonie de Villemarie. C'efi ce que nous allons raconter, quoique à regret, dans ce chapitre; &, pour montrer l'origine & le progrès de ce changement déplorable, nous reviendrons ici sur l'époque que nous avons parcourue, c"elt-à-dire, sur tout le gouvernement de M. de Courcelles jusqu à celui de M. de Frontenac, son successeur.
LOUIS XIV MAL SECONDÉ PAR SES OFFICIERS DANS LE GOUVERNE- MENT DE LA COLONIE.
ENVOIS TROP NOMBREUX A iTiesure quc le Roi faisait de nouveaux envois de
DE COLONS, ET PARMI cglons , quelûue désir qu'il eût de ne les composer que