‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 240 sur 326 · OFFICIERS MILITAIRES FUNESTES A LA COLON'IE · texte numérisé non relu

OFFICIERS MILITAIRES FUNESTES A LA COLON'IE

exemples étranges dinjurtice, de dureté, & même de scélératesse, qui firent le plus hideux contrafle avec la conduite toujours irréprochable, douce, édifiante 8c chrétienne de son prédécesseur. Nous voulons parler ici, non de M. Zacharie du Puy, nommé pour remplacer momentanément M. de Maisonneuve avant l'arrivée des troupes, ni de M. de Lamothe, qui eut aussi le commandement à \'illemarie, ni enfin de M. Pé^ot, qui ne vint que plus tard, mais du sieur de La Frédière, neveu de M. de Salières, & major du régiment de Carignan, qui, étant envoyé avec sa compagnie en garnison à Villemarie, y commanda aux habitants aussi bien qu'aux soldats, à cause de l'état de guerre où était alors le pays.

Cet homme, déjà disgracié au physique par la perte injustice criante du d'un œil, cachait sous cet extérieur repoussant ime âme assers'ie aux passions les plus avilissantes, auxquelles il se faisait un jeu de sacrifier non-seulement sa conscience, mais encore sa réputation 8c son honneur. Nous avons raconté qu'au mois de juillet 1666 les habitants de Villemarie avaient reçu ordre de M. de Tracy de fournir chacun trois journées de travail, pour contribuer ainsi de leur part à la conflruction de redoutes, qui devaient fortifier le pays contre les Iroquois. L'un des colons, nommé Claude Jaudoin , charpentier, se présenta pour accomplir l'ordre intimé à tous; Si. après ses trois journées voulut se retirer, afin d'aller serrer -du blé qui était encore sur sa terre &: qui ne pouvait souffrir de retard. La Frédière s'y opposa, &, abusant de son autorité, le retint malgré lui, prétendant qu'il n'y avait pas à Villemarie de plus habile charpentier pour ces sortes d'ouvrages. Cette allégation était fausse; 8c quoique Jaudoin lui nommât plusieurs autres ouvriers plus capables que lui, 8c représentât que son blé serait perdu s'il n'allait le recueillir, La Frédière l'obligea de travailler à ces redoutes pendant dix- neuf jours, sans lui donner aucun salaire pour les seize journées de surplus, malgré la grande gène de Jaudoin, qui lui

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