^. , .^ . . NES MŒURS
Dieu, les magiltrats ne se montraient pas moins sévères lorsqu'il s'agissait de conserver l'honneur des familles. Un particulier qui demeurait vers le lieu de la Chine, ayant voulu faire outrage à deux petites filles, Tune âgée de sept ans & l'autre de onze, M. d'Aillebouft le condamna à faire réparation, à genoux & tête nue, dans la chambre de juÛice, en présence du père & de la mère des enfants, & des autres membres & amis de cette famille, en outre à diverses amendes, & à être banni de Tîle de Montréal l'espace de sept ans (2) . Enfin une femme en étant venue (2) Greffe de viiieà ce point de fureur cruelle que de donner la mort à son """^' " ^"'" '^^"' propre enfant, le Conseil souverain de ^Québec la condamna à être pendue, & ordonna que son corps demeurerait exposé sur le cap au Diamant, afin d'inspirer plus d'horreur pour un crime si détefiable (3). „ (3) Jugement du
i ^ ^ Conseil super. 1C71.
A 'Villemarie, l'office qu'exerçait M, Migeon de Brans- le gouverneur prête sat, en faisant les fonctions d'accusateur public, devait >'ain-forte a la l'exposer plus d'une fois au ressentiment & à la vengeance des coupables. Lorsque lui-même ou son subititut, accompagnés du greffier & des sergents de la jufiice, n'étaient pas assez forts pour les mener en prison, ils recouraient au Gouverneur de l'île, qui leur donnait main-forte en leur adjoignant un certain nombre de ses soldats. Nous avons sous les yeux un acte de procédure où il eft rapporté qu'à la réquisition de Jean Gervaise, alors subflitut du procureur fiscal, M. Pérot, Gouverneur, prit aussitôt son épée, commanda à ses soldats de le suivre avec les officiers de la jufiice; qu'étant arrivé au lieu de la rébellion, il saisit deux des faclieux, qu'on conduisit incontinent en prison