‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 265 sur 326 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

Ilf PARTIE. LOUIS XIV.

(i) Arch. du ministère des affaires étrangères, vol. 228. Rome, t. LXVII, p. 285, pièce 86.

(2) Ibid., p. 187, pièce 53.

(3) Ibid., p. 32 1, pièce 97.

(-1.) Ibid., vol. 229.

Rome, t. LXVIII, '■i' pièce.

(5) Ibid., lo' pièce.

(G) Ibidt, Rome, t. LXVIII. Lettre de M. de Pompone, 2 février 1674.

Ursin dans le même sens, & enfin au duc d'Eftrée, son ambassadeur extraordinaire à Rome. Il disait à ce dernier : « Mon cousin, après avoir examiné le Mémoire que « vous m'avez envoyé sur les difficultés qui se sont trou- <( vées dans l'expédition des Bulles d'éredion de Tévêché « de Québec, j'ai jugé à propos de vous ordonner de ne « plus insifler sur la demande que vous aviez faite, que « cet évêché dépendit de Tarchevêché de Rouen, ou de « quelque autre de mon royaume. Ainsi, mon dessein eft « que vous renouveliez auprès de Sa Sainteté les prières « que vous lui aviez déjà faites sur ce sujet, sans vous « attacher à cette condition, si Sa Sainteté continue à s'y « arrêter (i) (*). » Pour hâter la conclusion de cette affaire,

(*) L'affaire traîna encore, par un incident dont nous ignorons la cause, & qui montre peut-être que les difficultés venaient moins du Roi lui-même que de ses officiers. Du moins, le miniftre, M. de Pompone, en pressant le duc d'Eftrée de faire expédier les Bulles, ajoutait qu'il lui envoyait la lettre du Roi au Pape & celle au cardinal Ursin (?). Mais le Duc ne reçut pas les lettres du Roi, .quoique celle du Miniltre lui fût parvenue; de sorte que, ne sachant pas que ce Prince s'était désiflé sur la dépendance de Rouen ou de quelque autre métropole de France, il répondit, le 27 décembre lôjS : « Vous « ne m'avez pas fait connaître si Sa Majefté trouve bon que l'Evêché « de Québec relève immédiatement du Saint-Siège; c'ert un point « essentiel sur lequel il eft nécessaire que je sois éclairci (3). » Et le 3 janvier suivant, il mandait encore au Miniftre : « Il ne me reftc « plus, pour travailler à la consommation de cette affaire, que d'avoir K les ordres de Sa Majefté touchant la dépendance de l'Evêché de « Québec (4). » Enfin, il écrivait au Roi lui-même : « Je ferai mes « efforts pour obtenir que l'Evêché dépende d'une métropole de « France; mais je dois dire par avance à Votre Majefté que je ne « vois que très-peu ou point d'apparence à y réussir, puisque M. de « Bourlemont, qui avait traité cette affaire avant moi, a rencontré, « sur ce point, tant d'obftacles (5). » Il était pourtant difficile que l'ambassadeur extraordinaire à Rome pût ignorer longtemps les intentions du Roi; & M. de Pompone, en lui écrivant le 2 février 1674, lui disait cette fois : « Vous voyez que Sa Majefté s'eft départie de la « condition qui avait été attachée jusqu'il cette heure à l'éreftion de « l'Evêché de Québec, c'cll-ù-dire de la dépendance de quelque « Archevêché en France, ne pouvant autrement obtenir cette ércc- « tien (6). »

l'ÉVÉCHÉ de QUÉBEC ÉTABLI. 1674.

en dotant avantageusement le futur Évêque de Québec, le Roi avait déjà donné à M. de Laval Tabbaye de Maubec, comme il a été dit (i), & en 1672 il lui donna encore celle d'Eftrée, pour être unies l'une & l'autre à son Siège, indépendamment de six mille livres dont il le gratifiait tous les ans (2}. Mais cette nouvelle marque de la munificence du Roi devint Toccasion d'autres entraves.

L'abbaye d'Eftrée, en Normandie, dont la manse devait être unie au nouveau Siège, était de TOrdre de Cîteaux; le procureur général de cet Ordre près la Gourde Rome, apprenant cette union projetée, y mit opposition & présenta même un Mémoire contre M. de Laval. Il se plaignit de ce que ce Prélat, sans avoir des Bulles pour cette abbaye, & même, à ce qu'il disait, sans les avoir demandées encore, y eût fait abattre des bâtiments, & se fût porté à beaucoup d'autres ades semblables. Ces plaintes furent même communiquées au Nonce de France, avec charge de les porter au Roi. a Par cet incident, écrivait le « 16 mars 1674 le duc d'Eftrée à xM. de Pompone, le proie cureur de Cîteaux, quoique sans dessein, a traversé « Texpédition de Taffaire de Québec, qui demeure sus- « pendue, parce que la Cour de Rome efi émue contre « M. de Laval, dont elle regarde ces nouveaux ades « comme de pures entreprises sur l'autorité du Pape. Je « m'imagine pourtant que cet Évêque, en vertu de son « brevet du Roi, aura pu être bien fondé à les faire selon « nos maximes qui sont diverses en cela de celles de ce « pays (3). » Dès qu'il en fut informé, Louis XIV trouva mauvais que le procureur de Cîteaux mît ainsi opposifion aux Bulles, & fit écrire au duc d'Efirée & au cardinal d'Efi d'employer tout leur crédit pour les obtenir, & de parler fortement au procureur (4). Le duc s'acquitta avec succès de cette double commission. « Je presse autant que je « peux, écrivait-il, l'expédition des Bulles de Québec que « le zèle indiscret du procureur de Cîteaux avait traver- « sée; je l'ai réduit, partie par raison & partie par menace,

(i) Arch. du ministère des affaires étraogères, Rome, tome LXVIII, 2' pièce.

(2) Regiftre des dépêches concernant les Indes, 1672, fol. 62.

Lettre à M. Taloa, 4 juin 1672.

la conclusion d« l'affaire est entravée A ROME PAR LE PROCUREUR DE CI- TEAUX.

(3) Arch. du ministère des affaires étrangères, vol. 229. Rome, t. LXVUI, 16 mars

(4) Ibid., vol. 23o.

Rome, t. LXIX, piè« ces 20, 21.

(i) Archives du mi- « à Hc pas s'y opiiiiàtrer (i). » On promit en effet au duc iMsftère des affaires d'expédier Ics Bulles, sans égard aux plaintes du procureur

e'trangeres, Rome, t- , ., . , . . , , . ,

Lxviii, iSavril 167-). Qont ilavait taitvoir le peu dc fondement;,6«:aussi d'écriresur

(2) ibid., Rome, Cette résolution au Nouce près la Cour de France(2). Toutc-

t. LXix, 1= pièce, ^^-^ j-^algré les désirs ardents & généreux de Louis XIV, &

2 mai 1074. ^ o D ^ ^

malgré le zèle de ses agents^ la conclusion de cette affaire éprouva encore de nouveaux retards, & ne fut terminée que le i^' octobre 1674, où la Bulle définitive fut enfin expédiée.

LE SIÈGE ÉpiscopAL DE Par cct aclc SI longtemps attendu, Clément X établit à

Q.UÉBEC EST ENi-iN Québcc uu évéclié qu'il donna à M. de Laval, Évéque de m'^Arch. de la ma- P^tréc; il Supprima la paroisse de cette ville, Térigea en rine. Canada, t. II, de église Cathédrale, & douua le soin des âmes de ce lieu au dS:aLdJrévïï: Chapitre quil inftitua (3). Enfin, le 23 avril lôyS, M. de oft. 1674. — vita Laval prêta serment de fidélité au Roi en qualité de pre- Francisci de Hariay, j^^jgj- Évêûue de Ouébcc (4), immédiatement soumis au

— Arch. du Séminaire oaiiit-biege. Pourtaiit OU n avait pas renonce a 1 espérance de viiiemarie. Lettre d'obtcuir uuc BuUc qui dispensât du voyage de Rome

patente du Roi, ocl. • . ^ , , , i ii-r- a

1697, qui confirme ccux qui auraicut a appeler des sentences de 1 Lveque

cette ereaion. diocésaiu ; & M. dc Laval était disposé à dépendre de

(4) its, ordon- j^Qm^j^ Q^ ^^g ^qWq autre métropole de France que le Roi

nances royaux. Q.ue- ....

bec, 1854, p. 79, 80. aurait pour agréable. « Comme je savais, écrivait en 1677

« M. Dudouyt à M. de Laval, qu'on était résolu de le

« faire relever de Paris, je le demandai moi-même à

« M. Colbert, afin que dans la conduite ecclésiaftique on

« se conformât à la coutume & à l'usage de Paris, comme

« on le fait dans la conduite civile. M. (Poitevin, curé) de

« Saint-Josse en a parlé à Mgr de Paris, & cela donnera

« lieu à TArchevêque de ce Siège de protéger l'Église du

(0} Arch. du Semi- " Canada (5). « Cependant nous ne voyons pas que ce

naire de Québec. Let- projct ait cu aucuue suitc , quoiquc, daus plusieurs cir-

NLde Lavai"i66-! ^ conlfauces, l'Archevêquc de Paris ait été pris pour arbitre

sur des affaires ecclésiaffiques concernant le Canada,

comme nous le dirons dans la suite de cette Hifioire.

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