‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 273 sur 326 · NOMMER GOUVERNEUR · texte numérisé non relu

NOMMER GOUVERNEUR

DE MONTRÉAL. dc faire connaître plus tôt, quoique nous eussions pu lui

donner place, avec trop de raison, dans le tableau des trifies effets que produisit en Canada rétablissement des troupes. Car ce Gouverneur contribua plus que personne, au moins dans lile de Montréal, à cette révolution funefte qui changea entièrement la face morale de cette colonie; & pour mettre les ledeurs plus à même de juger de ce personnage, il eft nécessaire de reprendre les choses de plus haut. Toute la suite de sa conduite en Canada, autorise à penser que si, en 1669, il avait pris la résolution d'aller s'y établir, c'était dans l'espérance d'y faire une grande fortune, par le crédit de M. Talon, dont il avait épousé la nièce, Madeleine de Laguide, &: qui y retournait alors lui-même comme Intendant pour la deuxième fois. Avant le départ, M. Talon, pour le mettre plus à même de réussir dans ses projets d'établissement, avait demandé pour lui à M. de Bretonvilliers, la place de Gouverneur de Montréal, &, s'il l'obtint sans peine, ce dut être sur les bons témoignages qu'il lui rendit de la

(3) Assemblée du pcrsonuc dc son ueveu. Car, bien que, quelques années Séminaire de Saint- pj^^j. ^^^^ j^^^g voyious quc M. Pcrrot sc trouvât alors

Sulpicc, a Pans, an- ^ ^ J y

née 1679. être beau-frère du président de Bretonvilliers (3), il ne

paraît pas que le supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice le connût déjà par lui-même, lorsqu'il le nomma au gouvernement de l'île de Montréal. 11 était d'une exa(fl:itude trop flride en matière de morale, d'une conscience trop timorée, & désirait avec trop d'ardeur le bien de Villemarie, pour faire choix d'un homme dont l'adminirtration devait être si funefte au repos & au progrès de cette colonie : & il l'aurait assurément prévu dès lors, s'il eût connu ses vrais sentiments. M. Perrot étant donc sur le point de passer en Canada avec les soldats de sa compagnie, 8c résolu d'aller avec sa femme à Villemarie pour s'y établir : cette considération, jointe aux bons témoignages que M. Talon dut rendre de lui, & l'état d'abandon de cette colonie, refiée depuis plusieurs années sans Gouverneur, avait suffi à M, de Bretonvilliers, pour qu'il pût prudemment faire choix de sa personne, & même pour s'applaudir de ce choix. Aussi les colons de Villemarie avaient-ils fait éclater de grands sentiments de joie au débarquement de leur nouveau Gouverneur, non moins qu'à l'arrivée de madame Perrot, sa femme, qui vint le joindre ensuite. M. de Maisonneuve était toujours relié dans le célibat : c'était donc pour la première fois qu'on voyait un Gouverneur de Montréal venir y résider avec son épouse; & ce qui excitait encore l'intérêt des habitants pour madame Perrot^ c'eft que s'étant déjà embarquée une première fois, en 1669, elle avait fait naufrage avec son mari & M. Talon son oncle, 8c s'était sauvée avec eux (o Annales de thôsur un mât rompu de leur navire, en promettant aux ma- tei-Dieu samt-joseph,

, a Villemarie, par la

telots une grosse somme d'argent (i). sœur Morin.

M. Perrot, comme on l'a vu déjà, n'avait reçu de pouRauoi m. perrot se

Mj T^ ^ •!,• ^ • • , 1 1 * • 1 FAIT DONNER UNE

. de Bretonvilliers qu une commission revocable, qui le commission royale

tenait sous la dépendance des seigneurs, toujours en droit pour l'île de mont-

de le remercier, s'ils n'étaient pas satisfaits de sa conduite.

A peine fut-il arrivé dans le pays, qu'il chercha le moyen

de se souflraire en partie à cette dépendance, en faisant

solliciter par M. Talon des lettres du Roi pour le même

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