‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 272 sur 326 · COUREURS DE BOIS · texte numérisé non relu

COUREURS DE BOIS

toirc. On peut se rappeler qu'en racontant, que les officiers des troupes étaient retournés en France chargés de pelleteries, M. Dollier faisait remarquer que le Canada avait plus besoin de bourses pleines que de bourses vides; & par une sorte de fatalité, bien désaftreuse pour ce pays, la plupart des Gouverneurs, des Intendants & autres, cpe le Roi envoya depuis ce temps, pour être à la tête des affaires, furent des hommes sans fortune^ ou même complètement ruinés. Étant tous à la charge du Roi, qui ne retirait rien de la colonie, ils avaient des appointements si modiques, qu'à peine auraient-ils pu vivre par le seul revenu de leurs places : le Gouverneur général ne recevait chaque année que trois mille livres pour son entretien, celui de Villemarie dix-huit cents livres, & celui des Trois-Rivières douze cents (i)> & comme dans les places (i) Arch. de la ma-

VI • ^ -1 • ^ A, 11- - - „ „4.„*„^ rine. Resiftre des dé-

quils occupaient, ils croyaient être obliges a une certaine . j^^^ \x\r,é<i 1674 représentation qui fît respecter l'autorité du monarque, & foi. Co. Regiftre des à avoir du train, ils se persuadèrent que le commerce ^^péditions du Cana-

. ^ ^ . da, année ibyg, fol. o;

dont nous parlons était un moyen de suppléer à la modi- igso, foi. 1; 1688, cité de leurs appointements; quelques-uns y virent même ^°^ 7; ^^o». fo'- 2. une ressource pour rétablir avantageusement leurs affaires, & d'autres pour faire une grande fortune en peu de temps. Ils se mirent sur le pied de donner à quelques affidés des permissions écrites, appelées congés, pour aller, sous couleur de chasse, faire la traite avec les sauvages dans les bois; & on a de graves raisons de penser, qu'ils ne délivraient ces congés, que dans l'espérance, ou même sous la condition expresse d'en partager le bénéfice. Ces autorisations accordées à la faveur excitaient d'autres individus, non ainsi privilégiés, à prendre d'eux-mêmes cette licence; d'où il résultait que les coureurs de bois diminuaient de beaucoup, non-seulement le commerce que les colons domiciliés auraient pu faire avec les sauvages, mais aussi celui que les hommes du gouvernement étaient soupçonnés de faire pour leur propre compte^ par le moyen de leurs favoris. « Ils ont commencé de porter leurs peaux « à Manate 8c à Orange, dès l'année passée, écrivait

446 llf PARTIE. LOUIS XIV.

« M. de Frontenac à Colbert^ ce qui causerait un notable « préjudice à la colonie. Mais j'irai^ dès le printemps^, à « Montréal, pour les observer de plus près; & je vous « assure que j'essayerai d'en faire un exemple si sévère, (i) Arch. delà ma- « quc Cela scrvira pour Tavenir (i). ,» Enfin, Ton fit à la rine. Lettre de M. de (^Qur unc description si effrayante des désordres commis

Frontenac, 2 novem- ,. , ^/-oiri

bre 1672. par les coureurs de bois, que 1 année 167J, le 5 du mois

de juin, le Roi rendit un arrêt par lequel il condamnait à la peine capitale^, tous les Français habitants au Canada, domiciliés ou non domiciliés, qui iraient dans les bois & y refieraient plus de vingt-quatre heures, sans la permis-

(2) Arch. de Ville- '' . j /^ ' ' \ r \

marie, 5 juin 1673. sion exprcsse du Gouverneur gênerai (2).

M. PERROT, POUR s'en- Ccs détails nous amènent à parler ici de M. Perrot,

RicHiR, S'ETAIT FAIT Qouvemeur de Tîle de Montréal, que nous avons différé

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