‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 275 sur 326 · DES SEIGNEURS DE · texte numérisé non relu

DES SEIGNEURS DE

colonie une source continuelle de désordres & servir de l'île; il juge les prétexte à plusieurs pour s'enhardir à de semblables trans- colons. gressions. Lorsque M. de Bretonvilliers fut informé de la conduite de M. Perrot, il eut des regrets cuisants d'avoir donné à lîle de Montréal un tel Gouverneur; mais, depuis que celui-ci avait reçu sa commission royale, il était difficile de le contenir dans le devoir & même de lui donner de simples avertissements. Uniquement chargé par M. de Bretonvilliers & par le Roi du gouvernement de l'île de Montréal, il s'attribuait néanmoins le droit de juger les différends des particuliers qui avaient recours à lui, quoiqu'il fût entièrement étranger à la jurisprudence; il eft

PERROT ; IL FAIT METTRE EN PRISON LE JUGE d'office.

vrai que dans ces occasions il appelait M. Remy pour le consulter, & suivait ordinairement ses avis. Mais par une étrange bizarrerie de caractère, qui du refle n'a rien d'étonnant dans un homme tel qu'était M. Perrot, les services qu'il recevait alors & qui Thumiliaient, lui inspiraient contre M. Remy tant de mauvaise volonté & d'opposition, qu'il (i) Archives du Se- ^jg^^^ hautement dans le pays que cet Ecclésiaftique n'était

minaire de Villema- . ^

rie. Queftion propo- cu Canada quc pour le contredire dans l'exercice de sa

sée par M. Remy avec rharec ( l) les réponses. ^

REMONTRANCES A M. Ccpcndant quelques-uns des plus anciens & des plus

honorables citoyens de Villemarie, MM. Picotté de Beleflre, Vincent de Hautmesnil, Charles Le Moyne de Longueuil, Jacques Le Ber & M. Migeon de Branssac, vivement affligés de la conduite du nouveau Gouverneur, qui tendait au renversement de l'ordre & à la ruine du commerce, résolurent enfin de lui faire de respedueuses remontrances. Pour ce dessein, ils s'assemblèrent le 7 janvier 1 672, & convinrent entre eux d'aller lui représenter avec douceur les désordres que quelques volontaires commettaient journellement, surtout deux d'entre eux, quoique le Gouverneur général les eût déjà condamnés l'un & l'autre à être exilés du Canada; & comme M. Migeon remplissait alors l'office du juge, M. d'Ailleboull étant absent de Villemarie, ils le prièrent de porter lui-même la parole, au nom de tous, ce qu'il accepta. Arrivés chez M. Perrot, ils trouvèrent M. DoUier qui les y avait précédés, peut-être pour préparer l'esprit du Gouverneur à cette visite. Mais lorsque M. Perrot eut entendu parler M. Migeon, il se mit dans une violente colère, se répandit contre ces messieurs en paroles blessantes & grossières, comme eût pu le faire l'homme de la lie du peuple le plus brutal, & ajouta en terminant sa diatribe : Je ne suis pas comme AI. de Maisonneitve, je saurai bien vous contenir dans le devoir. La nuit qui survint, au lieu de lui apporter conseil & de calmer son courroux, sembla n'avoir servi au contraire qu'à 1 irriter davantage, surtout contre M. Migeon; car le Icn-

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