‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 276 sur 326 · ROT ENVERS LES SEI- GNEURS · texte numérisé non relu

ROT ENVERS LES SEI- GNEURS

demain 8 janvier, il le fit saisir, de son autorité privée, & le mit en prison pour le punir des observations qu'il avait bien osé lui faire la veille.

Informé d'un tel ade de violence, sans exemple jus- insolences de m. per qu'alors à Villemarie, M. Dollier, comme représentant des seigneurs, se transporte au château où étaient alors les prisons, & se fait accompagner par MM. Remy & Ranuyer, & par le greffier, afin d'interroger M. Migeon & de dresser procès-verbal de cette affaire. Un soldat qu'ils y trouvent en faclion, armé du fusil & de Tépée, les voyant arriver, leur défend de passer outre, & appelle en même temps le sergent de garde. Celui-ci, nommé La Rose, se présente aussitôt; il leur déclare que, d'après Tordre du Gouverneur, M. Dollier seul aura la liberté de parler à M. Migeon; & un inffant après survient le valet de chambre de M. Perrot qui, de la part de son maître, réitère au sergent le même ordre. C'était pour empêcher M. Dollier, par défaut de témoins & d'officier public, de prendre ade des réponses du détenu. M. Dollier demande alors au geôlier son regifire pour y voir dans quels termes était conçu l'écrou de M. Migeon; &, à sa grande surprise^ il n'y trouve rien qui ait rapport à son affaire.

Là-dessus ces messieurs se rendent chez le Gouverneur, 8c, après l'avoir salué, M. Dollier lui dit qu'il vient pour savoir s'il eft vrai qu'il ait fait emprisonner M. Migeon & pour prendre acte de ses réponses. M. Perrot déclare qu'il Ta fait mettre en prison pour le punir des paroles offensantes qu'il lui a dites, & ajoute qu'il ne donnera point les raisons qu'on vient lui demander de sa conduite, attendu qu'il eft supérieur dans le pays à M. Dollier. Celui-ci, sans incidenter sur cette réponse, lui demande alors pourquoi, en faisant emprisonner M. Migeon, il n'a donc point écrit son écrou sur le regiftre de la geôle, comme le prescrivent aux juges les ordonnances de nos rois. Cefl, répond M. Perrot, que les procédures de guerre sont bien différentes de celles de la jufiice, &

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