‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 294 sur 326 · LONGUE DÉIENTION DE M. PERROT · texte numérisé non relu

LONGUE DÉIENTION DE M. PERROT

teclion ouverte qu'il donnait dans son gouvernement & dans son île aux coure,urs de bois, il m'avait obligé de le faire arrêter prisonnier. J'ai mis son affaire au Conseil, & nommé des commissaires qui allassent sur les lieux pour informer de toute chose. Mais, depuis ce temps, limpossibilité des communications pendant Thiver ayant empêché les commissaires de pouvoir monter à Montréal avant la fin d'avril, les procédures ont traîné en longueur; & d'ailleurs les nouveaux incidents que M. Perrot a fait naître journellement par sa conduite Si. par celle de ceux qui, de gaieté de cœur, ont voulu se mettre dans cette affaire, les ont multipliées presque à rinfini.

« Cependant j'ai fait poursuivre à outrance les coureurs de bois qui, par Temprisonnement que j'ai fait faire aussi du sieur de Brucy, principal correspondant de M. Perrot, se trouvant dénués de toute protection, s'étaient enfuis jusqu'à deux cents lieues au-dessus de Montréal. Cela n'a pas empêché que je ne les aie fait poursuivre; et après avoir saisi celui qui avait été l'auteur du premier désordre arrivé à Montréal chez le sieur de Carion, 8c l'avoir fait pendre par arrêt du Conseil, tous les autres ont été tellement intimidés de cet exemple, qu'ils ont cru n'avoir plus d'autre parti à prendre que celui de changer de vie & de venir se rendre à ma discrétion, comme je le leur ai fait proposer. Ils sont venus ainsi au nombre de plus de trente; & voyant leur soumission & leur repentir, j'ai cru qu'il ne fallait pas davantage répandre du sang, & que vous « ne trouveriez pas mauvais que je l'épargnasse, pour le u bien de la colonie, en les condamnant seulement à des « amendes & à prendre des terres pour devenir habitants. « Ainsi ce désordre qui était si grand, & auquel on croyait « qu'il était presque impossible de remédier, a été apaisé (1 quatre ou cinq mois après que M. Perrot & le sieur de « Brucy ont été arrêtés.

« Je puis vous assurer avec certitude qu'il n'y a plus

(i) Archives de la marine. Lettre de M, de Frontenac à Colbert, 1674.

Page 1