‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 312 sur 326 · M. DOLLIER CITE AU CONSEIL · texte numérisé non relu

M. DOLLIER CITE AU CONSEIL

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« sonne ne voulant avoir aftaire à M. le comte de Fron- « tenac, ni s'exposer à toutes les suites que Ton a sujet de « craindre quand on lui déplaît (i). »

Cependant le Conseil souverain, voulant à tout prix satisfaire M. de Frontenac, assigna M. Dollier, comme Supérieur du Séminaire, à comparaître à Québec, &, pour y réussir sûrement, le menaça en cas de refus, de faire saisir le temporel de sa communauté. Si le Conseil eût été en droit de le citer pour une affaire de cette nature, il aurait usé sans doute d'une bien grande rigueur en obligeant à un voyage de cent vingt lieues un homme d'une faiblesse extrême, 6l de la vie duquel les médecins désespéraient alors. Mais dans la matière en quellion, cette injoncfion était illégitime, & la menace de saisir son temporel une injultice criante. Néanmoins, M. Dollier crut devoir céder, pour prévenir des éclats scandaleux; &: étant heureusement arrivé à Québec, il alla prendre son logement au Séminaire de cette ville. Là, comme les accidents causés par son état de faiblesse devenaient toujours plus fréquents & plus graves, il écrivit à MM. du Conseil de vouloir bien le dispenser de se transporter à la salle d'audience, ajoutant qu'il espérait qu'en sa qualité d'infirme, de prêtre & de Supérieur du Séminaire, le Conseil lui ferait la grâce de lui envoyer des commissaires pour l'entendre dans sa chambre, au Séminaire de cette ville où il était logé. Sans se montrer touché de ces raisons, le Conseil lui accorda seulement un sursis & nomma les sieurs de Tilly & Dupont pour l'interroger, en l'obligeant toujours à se transporter devant eux, au jour, à l'heure & au lieu qu'ils lui assigneraient. Cette ordonnance rendue au nom du Conseil fut signée par M. de Frontenac seul, ce qui peut donner à penser qu'elle était plus l'ouvrage de ce Gouverneur que celui des conseillers, les iniiruments de sa colère. Au refte, l'ordre donné à M. Dollier de faire ainsi le voyage de Québec, n'était qu'une vexation, inspirée par la vengeance, puisqu'on savait fort bien qu'ayant

( 1 ) Mémoire de M. d'Urfé à Colbert.

LeUrcs de M. Tronson, t. I.

M. DOLLIER, Q.UOIQyE MALADE, EST ASSIGNÉ A PARAITRE DEVANT

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