‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 43 sur 326 · r^ • j AT * ' 1 notaire à la Flèche · texte numérisé non relu

r^ • j AT * ' 1 notaire à la Flèche

ses cinq ans de service envers la Compagnie de Montréal, .^ ^^^^jj ,g-. quinze arpents de terre au lieu dit la Contrée Saint- Joseph, que M. de Maisonneuve lui donna, au nom des seigneurs, le 9 mai lôSg, à la charge pour lui de les défricher, d'y bâtir une maison, & de payer, tous les ans, trois deniers de cens pour chaque arpent de terre (2). (2) Archives des

T • T 1 1 • 10 Hoipitilières de Ville-

Jouaneaux en mit d abord cinq en valeur ; & comme ce nwie. Concession du défrichement l'exposait aux surprises des Iroquois, qui se j mai 1659. cachaient partout, il se creusa une retraite sous terre dans son champ. Ce réduit obscur ne recevait de jour que par une petite porte ; un vieux tronc d'arbre creusé par le laps du temps, qui se trouvait au-dessus, servait de tuyau à la fumée du foyer; & pour mettre sa vie en sûreté, Jouaneaux demeura seul pendant plusieurs années dans cette >!^.^""^!^^ ^? ''""

, ^ -T tel-Dieu Saint-Joseph,

cachette souterraine (3). pariaSœurMorin.

Mais en 1662, les colons de Villemarie qui n'avaient recours de blé pro-

,^•1 , . /-N ^i > 1^ CURÉ A VILLEMARIE

pu cultiver leurs champs eurent recours a Québec, ou 1 on ^^^ ouébec.

avait pu, sans les mêmes dangers, faire les semences & la

moisson; &, le 2 juin 1662, on leur envoya la chaloupe du

nommé Toupin, chargée de cents minots de blé. Pour

former la somme nécessaire à l'achat de ce secours, les

Pères Jésuites donnèrent soixante livres; M. de Laval

fournit le refle ; &, de son côté, le gouverneur détacha (4) journal des Jc-

quatre soldats de sa garnison pour accompagner & proté- suites, juin 1662. Let-

, . • r 1 • 1 T^ ^1 ^ , , tre circulaire sur le

ger le convoi, qui tut conduit par le P. Chaumonot (4;. p. chaumonot, par le

Ceft ici Tun des premiers secours que 'Villemarie ait reçus ^- oahion. Bibiioth.

du refle de la Colonie, en retour des services qu'elle ren- français ^2^,'^"^"-

dait depuis vingt ans en sacrifiant ses hommes pour la nusc. in.foi.

lO 11^ PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

défense du pays^ et en particulier pour procurer^ comme elle Tavait fait conftamment^ la sûreté de Québec. Peutêtre même ce secours ne fut-il que Tacquittement d'une dette dont ce dernier pofte s'était trouvé chargé. Du moins M. de La Dauversière^, avant sa mort;, ayant remis à M. Bourdon huit mille livres pour procurer' à Villemarie des hommes & des munitions, trois mille livres de cette somme n'avaient pas été employées à cet usage; & le Conseil de Québec avait obligé la communauté des habitants de ce heu à reftituer cette somme aux seigneurs de (0 Arch. du sém. Montréal (i). Quoi qu'il en soit, le P. Chaumonot accom-

de Villemarie. Paris, i . , , .,..,.

21 mars i65i. 4 mai P^gi^^ 1^ convoi dont nous padons, ce qui tait dire au i658. p. Dablon, parlant de ce dernier : « Il fut choisi pour

« aller secourir les habitants de Montréal, qui étaient

« dans une extrême disette de vivres. »

M. DE MAisoNNEuvE H était Cependant nécessaire de pourvoir à la subsis-

ment'les coLONr ^'^^^^ ^^ ^^ Colonle par la culture des terres; & cette LA CULTURE DES TER- mêmc annéc 1662, M. de Maisonneuve usa de toute son *^^' influence pour déterminer ceux des colons dont les terres

étaient plus écartées à en défricher de nouvelles sur le domaine des seigneurs. Il fit plus, il engagea ceux qui n'étaient point cultivateurs à prendre aussi & à cultiver des terres, afin que de la sorte tous concourussent, par leur travail, à la conservation de la Colonie, en lui procurant les vivres absolument nécessaires à sa subsiftance, Ce sage & habile gouverneur sut même intéresser au bien général ceux qui, jusqu'alors, avaient été nourris par le travail des autres, savoir : les soldats de sa garnison & les serviteurs ou engagés. Il elf bon de remarquer ici que la colonie Française se composait alors de quatre classes de personnes : des soldats, des habitants, des engagés ou serviteurs, & des travaillants appelés aussi volontaires. On nommait habitants ceux qui avaient promis de demeurer dans le pays 8: y subsiltaient par euxmêmes; eux seuls avaient le privilège de faire avec les sauvages la traite des pelleteries. Les soldats compo-

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