‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 67 sur 326 · TREMBLEMENT DE TERRE · texte numérisé non relu

TREMBLEMENT DE TERRE

On a vu des reconciliations admirables, les ennemis se mettant à genoux les uns devant les autres pour se demander pardon avec tant de douleur, qu'il était aisé de voir que ces changements étaient plutôt des coups du Ciel 8: de la miséricorde de Dieu que de sa juflice. Au Fort de Saint-François-Xavier, qui eft à un quart de lieu de la paroisse de Sillery, un soldat de la garnison, le plus abominable & le plus méchant homme du monde, fut saisi dune frayeur si étrange lorsque le tremblement de terre commença, qu'il s'écria devant tous ses camarades : « Qu'on ne cherche point d'autre cause de ce que vous voyez que moi; c'eft Dieu qui veut châtier mes crimes. » Il confessa ensuite tous ses péchés, avant même de faire sa confession à un prêtre ; & Dieu a fait en lui une si heureuse & si entière conversion, que cet homme efl aujourd'hui un modèle de vertu (i) {*'). » (i) Marie de l'incar- Les sauvages Algonquins & les refies des Hurons, anciens '''^^'°"' ïSGS.iett.Gy',

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habitants de SiUery retirés à Québec, ne furent pas moins sensibles que les colons à ces avertissements du Ciel. Il n'était pas nécessaire de les inviter à se confesser. Ils y allaient d'eux-mêmes, avec des sentiments qui donnaient bien à connaître que la grâce parlait à leurs cœurs. L'église était leur asile ordinaire, où ils se tenaient en

(*) On eut cependant ]a douleur de voir que ce fracas, quelque épouvantable qu'il eût paru, avait été trop doux encore pour porter dans le cœur d'un misérable colon l'horreur du mal, par la crainte des jugements de Dieu. Le 29 mai, sur les neuf ou dix heures du soir, le sieur de Beaulieu fut brûlé dans sa maison, à l'île d'Orléans, avec un de ses domeftiques. On crut d'abord que l'incendie était arrivé par accident, & que l'un & l'autre étaient morts de cette sorte, au milieu des flammes •2); mais bientôt l'on reconnut qu'ils avaient été /^-, journal des Jassassinés par un valet qui, pour couvrir son crime, mit ensuite le suites 20 mal i6f)3. feu à la maison. Ce scélérat, ayant été saisi & convaincu, fut condamné à avoir le poing coupé, à être pendu, & son corps jeté aux flammes; le gouverneur général, M. d'Avaugour, se contenta pourtant de la potence & de la fusillade (3). Mais ce fait particulier n'em- (3) Journal des pécha pas que ce bouleversement ne fut très-salutaire, par le change- suites, ibid. ment général dans les mœurs qui s opéra à cette occasion .

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