‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 87 sur 326 · VII · texte numérisé non relu

VII

iROQLois BAPTISÉS A Lorsquc ces Iroquois étaient près de mourir, on

l'extrémité de la s'efforçait, comme il a été dit, de les disposer au baptême, & on le conféra à pkisieurs avant leur dernier soupir, dans l'espérance que la miséricorde de Dieu suppléerait aux dispositions qu'on demande ordinairement dans les adultes, & dont on n'était pas toujours assuré dans les cas de mort dont nous parlons. Il efi vrai que quelquesuns de ces barbares donnaient des signes assez manifeftes de piété pour faire espérer légitimement de leur salut. Entre autres, nous pouvons citer l'exemple d'un Sonnontouan, pris en guerre au printemps de 1664. Etant tombé dangereusement malade, il exerça beaucoup la charité des Sœurs hospitalières, qui lui prodiguèrent les plus charitables soins. C'était un homme d'une humeur altière, très irrité de l'affront qu'il pensait avoir reçu, de ce qu'on l'avait fait prisonnier lorsqu'il venait en ambassade; en un mot, un Iroquois qui ne payait que par des dédains toutes les bontés qu'on avait pour lui. Son chagrin augmentait avec son mal, & la douleur, jointe à la crainte de mourir, le rendait presque insupportable. Lorsque le Missionnaire qui était alors à 'Villemarie, le P. Claude Allouez, lui parlait, il se mettait en colère, le sifflait & quelquefois se cachait sous la couverture pour ne pas l'entendre; il en

I RAYANTE SUR LA S":-, PULTURE DE TROIS

iRO^rois.

4* Gl'ERRK. HOSTILITKS. 1 664. 89

vint mcmc jusqu'à lui donner un coup de poing à la tète poui* le repousser. Cependant, par les prières ferventes que ce Père 8c les Religieuses firent pour lui, il s'adoucit 8v consentit à entendre parler de la religion, à Toccasion d'un autre Iroquois Onnontagué, arrivé peu de jours auparavant à ^'illemarie. Celui-ci, voyant les dispositions du malade, l'assura que la prière ne faisait pas mourir, que quelquefois elle servait même pour rendre la santé, & le persuada si parfaitement, que l'autre, de son propre mouvement, demanda le baptême, qui lui fut administré le

? du niOlS d août 1604 ( l). 11 vécut encore quelques jours ^aji-e je Villemarie,

8c remplit de consolation toutes les personnes qui furent 9 août 1664.

, , V ('2) Relation de 1C64,

présentes a sa mort (2). ■ p. ./g 29.

Mais il n'en était pas de même de tous. La Sœur Bour- circonstancié ekgeoys raconte un événement effrayant, qui fit douter du salut de trois de ces barbares, ainsi baptisés en danger de mort, à la suite des blessures qu'ils avaient reçues. Comme par ce sacrement ils étaient devenus enfants de TÉglise, on les inhuma en terre sainte, au cimetière commun, & M. Souart les recommanda aux prières des habitants. Il arriva cependant, au grand étonnement de tous, que, pendant la nuit, des chiens, étant entrés dans le cimetière, se mirent à gratter la terre, jusqu'à découvrir leurs cadavres, 8; commencèrent à les dévorer. Dès qu'on fut ijiformé de cet événement, on recouvrit aussitôt la fosse & on la chargea de bois pour empêcher les chiens d'y revenir. Ils y arrivèrent néanmoins, écartèrent tout ce bois, creusèrent de nouveau la terre pour achever de manger les cadavres. Enfin on h recouvrit de grosses pierres; mais les chiens revinrent pour la troisième fois & découvrirent de nouveau les corps. Cela, ajoute la Sœur Bourgeoys, donna de la terreur à tout le monde 8: faisait penser que c'était un châtiment de Dieu. Nous ajouterons que ce jugement semble avoir été bien fondé, car quoique ces chiens discernassent à l'odorat les sauvages, 8c peut-être en particulier les Iroquois, on ne voit pas qu'ils se soient jamais

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