BENT SUR LES AMBAS- SADEURS
4" GUERRE. HOSTILITÉS. 1664. gS
première décharge 8»: eurent bien de la peine à se faire reconnaître par les Algonquins, qui, dans la chaleur du combat, avant quitté le fusil pour prendre la hache, frappaient à droite 8c à gauche, sans considérer sur qui les coups tombaient. Ils furent enfin reconnus, & eurent la douleur de voir que leur liberté avait coûté la vie & la captivité à la plupart de leurs libérateurs. Quelques-uns des ambassadeurs prirent cependant la fuite & allèrent se réfugier à Villemarie; & comme on craignait qu'ils ne fussent encore attaqués & poursuivis en retournant dans leur pays, M. de Maisonneuve jugea nécessaire de les faire escorter assez loin, jusqu'à ce qu'ils fussent hors de Tat- (i)Rciaiioiuic 1C64, taque des Algonquins (i). p- ^4- Marie de rin-
^ c^ j. V / carnation, p. Syj,
« Ainsi le grand dessein de cette ambassade s'évanouit i.a guerre i-ns allu- « en fumée, dit le P. Lalemant; &, au lieu de la paix ^''^^ qu'auparavant. « qu elle nous apportait, nous avons sur les bras une « guerre plus cruelle qu'auparavant, puisque les Iroquois (( cesseraient d'être Iroquois s'ils ne faisaient tous leurs « efforts pour venger la mort de leurs ambassadeurs. » La Mère de Tlncarnation fait, de son côté, les réflexions suivantes : « Encore que les Français n'aient nullement ' trempé dans cette affaire, les Iroquois néanmoins croiront que ce sont eux qui ont fait jouer ce ressort pour les détruire ; 8c il ne faut point douter qu'ils ne fassent leur possible pour s'en venger sur nos habitations, si ce n'eft que la crainte qu'ils ont des Français, qu'on leur a dit qui se disposent d'aller leur faire la guerre, ne les retienne, ou plutôt que la protection de Dieu sur nous ne les empêche. Les uns disent qu'ils voulaient la paix tout de bon ; 8: les autres qu'ils venaient pour tromper comme par le passé. Dieu seul sait ce qui en eff »
La suite montra que les Iroquois étaient toujours autres hostu.ités a dans les mêmes intentions hofhles. Le 4 mai précédent, ils avaient tué Michel-Théodore, dit Gilles, âgé d'environ trente ans, à la Longue-Pointe, près de Villemarie, lors-
vu. i.emarie.