II' PARTIE. LOUIS XIV, CHEF DE LA COLONIE
publier une autre déclaration, par laquelle il défendait plusieurs pratiques qu'il croyait être obligé en conscience d'interdir, pour ne pas trahir, disait-il, les intérêts du Roi, ni violer le serment de fidélité qu'il avait fait entre ses (1) Arcii. de lama- mains (i). Aussi affligé qu'étonné d'une rupture si viorine. Canada, t I, de j ^ ^^ Laval répondit, le 16 février, que, sans avoir
iG56 a 1669. dernier ' ^ ^ ...
cv. 1664. égard aux paroles offensantes ni aux accusations inju-
rieuses pour lui, contenues dans le placard du Gouverneur, il ne pouvait en honneur ni en conscience ratifier rinterdiclion des trois conseillers, non plus que procéder à la nomination de trois autres, jusqu'à ce que, dans un jugement définitif, les premiers eussent été convaincus des crimes dont le Gouverneur les accusait.
DEMÉzYMENAcÉ DE Qq^ éclats fircnt grand bruit à Québec; la déclaration
publiée le i3 février déplut surtout beaucoup aux Ecclésiaifiques, qui la regardèrent comme une offense personnelle, jusque-là que l'un des principaux d'entre eux alla trouver le Gouverneur pour l'avertir qu'on pourrait bien lui refuser les sacrements, & même lui interdire l'entrée de l'église, s'il ne réparait cette offense. Le dernier du même mois, M. de Mézy crut cependant devoir en écrire aux Jésuites, pour savoir d'eux la conduite qu'il avait à tenir. Il leur rappelait qu'il était venu en Canada dans le dessein unique de travailler à son salut, & sur les inflanCes de M. de Laval, qui Tavait fait agréer au Roi; que rien n'étant plus important au monde que le salut, 8v: d'ailleurs le moment de la mort étant incertain, il se croyait obligé de recourir à eux comme à des casuiftes éclairés pour qu'ils lui déclarassent en leur conscience ce que, dans les circonflances présentes, il pouvait faire pour la décharge de la sienne & pour garder au Roi la fidélité qu'il lui avait jurée. Enfin il priait ces Pères de mettre leur avis au bas de sa lettre. Le P. Lalemant se chargea de la réponse, & lui dit que, ce différend étant tout à la fois du ressort du tribunal de la conscience 8: de celui du civil, il devait, pour le premier, s'en rapporter à son con-
POUVOIR DE LA PART Di: M. Di: YiÛZW