‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 95 sur 326 · DERNIERS ACTES DE M. DE MÉZV · texte numérisé non relu

DERNIERS ACTES DE M. DE MÉZV

fesseur; ^ que, quant au second, ce n'était pas à des Religieux de juger de quel côté était le tort, Notre Seigneur ayant refusé de porter son jugement sur des intérêts (, , \,j,. a,, i,, ,,,^. temporels, dont les deux parties contendantcs lui défé- i''"»^- Canada, 1. 1, de

. j . • • ' \ ^^^^^ à i6bg, dernier

raient la décision [^ij. f^^.^ ,qq^^

Par suite de Tinterdiclion de M. Bourdon, procureur noi vi-aux aws ue du Roi, le Conseil souverain cessa de rendre la juftice; ^ M. de Mézy, désirant néanmoins de donner suite aux affaires, pria alors M. de Laval de se joindre à lui pour nommer un subftitut du procureur du Roi, nomination à laquelle le prélat refusa de concourir. Cette suspension de la jullice, dans un pays où les procès n'étaient que trop fréquents (*), excita des murmures de la part des habitants de Québec, de ceux du Cap-Rouge, de la côte de Beaupré, de l'île d'Orléans 8c d'autres. Ils demandèrent avec instances qu'on voulût bien terminer leurs procès, & que pour cela, nonobltant l'opposition de M. de Laval, le Gouverneur établît, de son autorité, un subrtitut du procureur du Roi. M. de Mézy prit enfin ce parti le lo du mois de mars, mais en exigeant que la nomination fût faite par le choix des habitants dans la chambre du Conseil; & on élut le sieur Chartier, qui entra en fondions le jour même (2). M. de Mézy se porta encore à de nouveaux ■2)>Arch. de la maéclats. Après avoir éloigné du Conseil MM. de Villeray, •"'"f;^"""^^"' '' ^' d'Auteuil & Bourdon, il finit par dissoudre le Conseil lui- 1064 même le 18 septembre de cette même année, & en établit un nouveau le 24 sans la participation de M. de Laval, qui, le 28, y fit opposition. Et comme l'acte d'établissement de ce nou^'eau Conseil avait été publié à Québec 8: affiché à la porte de l'église, sans qu'on eût fait mention

('^j M. d Argenson, dans une lettre du :> septembre 1G38, se ,t. „., ,. ,,

1 • •► j j i j - • i- n I r -11 (3) Bibliothèque du

plaignait de ce grand nombre de procès, si iuneltes pour les ramilles , n- 1 • ^

q. 1 /■- 1 • ' - 1 T > 7 . ' r 7'- J- Eouvre. Emplois du

c.. pour la Colonie en gênerai. « Les procès, la pauvreté & l inclina- ^j^-omte d'Aro^ensnn,

(t tion à la bonne chère ruinent entièrement le pays (3). » foi. 43.

iC)bG à iG6n, lomars

lOO 11^ PARTIE. LOUIS XIV, CHEF DE LA COLONIE. \665 .

de Topposition de TÉvêque, quoique enregiftrée au greffe, celui-ci la fit publier au prône le lendemain. Enfin M. de Mézy ayant ordonné à M. Bourdon & à M. de Villeray de passer en France pour rendre compte de leur conduite (i) Aichi\es de la au Roi, M. Bourdou fit son tefiament, & partit le 23 du Cour civile a duei^ec. j^^j^g mois, avec son fils, dans le dernier navire qui quitta

Insinuations depuis le ' ' t. t.

I- marsi664,fo]..'3. Cette année la rade de Québec, nommé le Saint-Jean- Archiyesdeiamarine. j^^ptistc , comiiiandé par le Capitaine Le Moyne , de

Mémoire du Roi pour •* . '^ i /^ j ^

M.Taion.Regifiiedcs Dieppe (i). Au mois d'oaobre, le Gouverneur fit encore ordre du Roi, fol. 78. publier au SOU du taiiibour une autre déclaration , dont

Journal des Jésuites, f,,.-. - ^ ^ ^ o

sept. i6r.4. Teftament Ics Ecclesiafiiques lureiit tres-oiienses ; ec comme ceux-ci de M. Bourdon. croyaient être en droit de lui refuser les sacrements , il se i tes °o"a"^i r.r,? ^' plaignait partout & tout haut de cette conduite (2).

su

RECONCILIE AVEC LE CLERGÉ, ÉCRIT A M- DF TRaCV.

M.DEMÉzv, MALADE, SE Malgré tous CCS fâcheux démêlés, le Clergé & les Reli-

gieux-ne laissèrent pas d'aller le saluer le premier jour de Tannée i665; & M. de Mézy, de son côté^, envoya le soir son major chez l'Évêque & chez les Pères Jésuites, pour Journal des Je- leur rendre la visite du nouvel an (3). Enfin, le Gouverneur

suites, i- lanv. iGo.i. ^^^^^^ tombé grièvement malade, on lui facilita sa réconciliation, qui eut lieu vers le commencement de mars. Il reçut les sacrements de pénitence & d'Euchariftie, & le jour de saint Joseph, premier patron du pays, ainsi que le jour de Pâques, on célébra la sainte Messe dans sa cham- {^) ibid. bre (4). Sentant alors que sa fin approchait, il se déter-

mina de lui-même, le 24 avril de cette année i665, à dider son teflament (*), &, deux jours après, il écrivit à M. de

(*) Le teftament de M. de Mézy respire la piété la plus sincère, 11 y déclare qu'il « donne son âme à Dieu & à la Très-Sainte Vierge, <« sa bonne mère, qu'il prie de tout son cœur, avec saint Auguftin, « son patron, saint Jean, saint Pierre & tous les autres Saints & «< Saintes, d'être ses intercesseurs envers Notre Seigneur Jésus- « Chrift , afin qu'il lui plaise recevoir sa pauvre âme & la mettre dans « son royaume célefte. » Il ordonne que son corps soit inhumé dans le cimetière des pauvres, & son cœur envoyé aux Capucins de la ville de Caen. Il lègue deux cents livres aux Hospitalières de Québec, autant cHix Ursulines de cette ville, trois cents livres aux pauvres de

DERNIERS ACTES DE M. DE MÉZY. 1 665 . lOl

Tracv, alors en mer, envoyé par le Roi, dans la crainte où

il était de mourir avant son arrivée , comme la chose eut

lieu : « J'aurais eu une consolation très-grande, lui disait-

« il, si votre arrivée en ce pays avait précédé ma mort,

« afin de vous entretenir des affaires de la Colonie, dont

« j "ai fait connaître au Roi les particularités les plus im-

« portantes. Mais, Dieu ayant disposé de mes jours pour

« m'appeler à lui, j'ai prié M. de Tilly de vous donner les

« éclaircissements avec les écrits de ce que j'ai envoyé au

« Roi Tannée dernière, & de ce qui s'eft passé ensuite

« entre M. lÉvèque de Pétrée, les Pères Jésuites & moi.

« Vous éclaircirez bien mieux que je n'ai pu le faire ce

« que j'ai mandé touchant leur conduite, dans les affaires

« temporelles. Je ne sais néanmoins si je ne me serai point

« trompé, en me laissant trop légèrement persuader; & je

« remets à votre prudence & à Texamen que vous en ferez

« la définition de cette affaire. C'eff pourquoi, si vous

« trouvez quelque défaut dans mes procédés, je vous con-

« jure de le faire connaître au Roi, afin que ma conscience

« n'en puisse être chargée, mon intention, à ce qu'il me

rhôpital,& la même somme pour les nécessités du pays; cette dernière devait être remise à M. de Laval, chargé de la diftribuer selon sa prudence. A l'église paroissiale de Québec, il lègue mille livres, deftinées aux frais de ses funérailles, comme aussi à faire un service tous les mois & à célébrer une messe basse, tous les Jours de la première année, après son décès; & enfin un service tous les ans à perpétuité. En même temps il donne à M. de Tilly la somme de cinq cents livres, à M. de Répentigny trois cents livres, à M. de Villeray, à M. Denis, à M. Madry & à M. d'Angouville, deux cents livres chacun. A ce dernier, qui était major de la garnison de Québec, il lègue ses hardes, entre autres son épée avec sa ceinture, son habit de drap dAnglcterre, son manteau de camelot. Enfin il fait divers autres legs, entre autres cinq cents livres pour les pauvres de la ville de Caen, & ordonne qu'on fasse des services & autres prières pour le repos de son âme, tant à Notre-Dame de la Délivrance que chez les / r /. PP. Carmes, chez les Cordeliers de Caen & ailleurs; & dans cette (') Reg.ftre des de- ■1 1 • xr y'>x^ •,,»#.,, 1 libérations & june-

mtention j1 veut qu on envoie à M. d Esqueville-Morel, 1 un de ses mgnts du Conseil

amis, résidant en France, la somme de huit milles livres, destinées à Teftnmcnt de M. de acquitter tous ces pieux legs (i). Mi^y.

102 11^ PARTIE. LOUIS XIV, CHEF DE LA COLONIE. l665,

'() Regiflre des ju- .qements et délibérations du Conseil, fol. 2 I .

Page 1