CONSERVATION ET LE
RETOUR DE LE MOYNE. marlc , lorsqu'ils apprirent la nouvelle de cette capture. Sachant la haine que les Iroquois portaient à Le Moyne & le désir passionné qu'ils avaient depuis longtemps de le prendre, ils ne doutèrent pas qu'il n'eût été brûlé en arrivant dans leur pays; & quoique ces barbares eussent rendu déjà dans plusieurs occasions un grand nombre de prisonniers, afin de les échanger pour des captifs de leur nation, chacun était convaincu à Villemarie que, pour assouvir leur vengeance sur un homme qui leur avait fait éprouver tant de pertes, ils ne le ramèneraient jamais aux Français pour quelque considération que ce fût. Ses camarades de la milice de la Sainte-Famille & tous ses autres concitoyens firent cependant pour lui des prières ferventes ; sa femme surtout, qui était extrêmement pieuse, Catherine Primot, ort"rit à Dieu avec tant d'ardeur les siennes propres, qu'au rapport de M. Dollier, on peut lui
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attribuer Tespèce de miracle qu'il plut à Dieu d'opérer en faveur de son mari.
CHARLES I.E MOVNlî KCHAPPE A LA MORT.
Celui-ci , qui parlait très-bien Tiroquois , se mit à haranguer ses vainqueurs; & pour les détourner du dessein de le faire périr, leur montra les conséquences funertes pour eux qu aurait infailliblement sa mort. « Tu « peux me faire mourir, dit-il à Tlroquois, mais ma mort « sera rigoureusement vengée. Il viendra quantité de soli< dats français qui brûleront tes villages; ils arrivent « maintenant à Québec, j'en ai des assurances certaines. » Comme Charles Le Moyne leur tint ce discours avec autant de calme que de fermeté, & qu'il jouissait parmi les Iroquois d'une réputation de droiture de cœur & de loyauté égale à sa bravoure, ces assurances firent faire aux Iroquois les plus sérieuses réflexions; & quelque grand désir.qu'ils eussent de le brûler^ ils résolurent de lui conserv'er la vie, afin de ménager, par la reffitution d'un prisonnier de ce caractère, leur accommodement avec les Français, & de prévenir ainsi la ruine de leur pays (i). (i)HiftoiieduMont Nous devons même ajouter, à la louange de cet homme i"^^» '^'^'•+■1"^ célèbre, l'une des plus brillantes gloires de 'Villemarie, que', malgré la haine profonde que les Iroquois avaient conçue contre lui, il sut, quoique captif ;, triompher de leur humeur cruelle & farouche ; & que, par l'ascendant que lui donnaient les qualités éminentes de son esprit & de son cœur, il leur inspira pour sa personne une si haute eflime & une confiance si parfaite, qu'après l'avoir adopté .solennellement comme un de leur nation, ils le choisirent pour leur protecteur auprès du Gouverneur général du , Éloges de quei- Canada, & avec une si confiante satisfaction de leur part ques personnes morgue cette qualité fut depuis héréditaire dans sa famille (2). \f ;"' Mo"^^'-'»', p^'-
T ^ ^ ^ ' M, de Belmont.
Mais, avant que Charles Le Moyne fût ramené à Vil- nouvelles hostilités
lemarie par ces barbares, cette colonie eut à regretter la
perte dun de ses plus braves défenseurs, déjà nommé,
Pierre Raguideau, sergent de la garnison, âgô d'environ
A VILLE)L\RIE. RK- TOIR DE CHARLES LE MOVNE.