‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 103 sur 392 · CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

CHRÉTIENS

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(2) Regiftre de Ja paroisse de Villemarie, 29juin 1665,

éloquence qui n'avait rien de barbare. Mais cette harangue n'exprimait que des civilités, des offres de services & d'amitié de la part de sa nation, & des vœux pour un nouvel établissement de missionnaires à Onnontagué. II conclut en faisant voir avec modeftie tout ce qu'il avait fait en faveur des Français, & leur demanda, pour toute récompense, leurs bonnes grâces & la liberté de trois prisonniers de sa nation. Sa harangue fut interrompue par la cérémonie ordinaire des présents : à chaque point de son discours, il mettait un présent aux pieds de M. de Tracy. De son côté, M. de Tracy répondit à ses demandes avec toute la bonté que l’autre pouvait souhaiter. Non-seulement il lui accorda les trois prisonniers & lui promit la paix & la proteétion du Roi de France pour sa nation, il lui fit encore espérer la même grâce pour les autres tribus iroquoises, si elles aimaient mieux se porter d'elles-mêmes à leur devoir que de s'y laisser contraindre par la force des armes. Cependant, comme l'on ne devait rien attendre de ces nations qu'autant qu'on paraîtrait en état de pouvoir leur nuire, comme l'expérience du passé l'avait prouvé tant de fois, on ne laissa pas, malgré ces ambassades, de continuer les préparatifs pour une expédition militaire contre celles de ces nations avec qui il n’y avait pas de paix conclue 1).

Plusieurs de celles-ci, loin de partager les sentiments de Garacontié, étaient alors armées contre nous, & pendant que nos troupes conftruisaient les Forts dont on a parlé, des sauvages d'Onneiout osaient bien recommencer leurs hoftilités, & contre les Français de Villemarie, & contre les sauvages alliés de la France. Car ce fut alors même qu'ils prirent à Villemarie & emmenèrent prisonnier dans leur pays ce jeune colon, âgé de dix-huit ans, nommé Michel Guibert, qu'ils brûlèrent cruellement l'année suiante dans leur village (2), & que pareillement ils défirent, vers le lieu appelé la Petite-Nation, au-dessus de l'île de Montréal, des Algonquins, au nombre de vingt, avec leurs

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