‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 128 sur 392 · PROPRIÉTÉ DES SE GNEURSOE MONTREAL · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉ DES SE GNEURSOE MONTREAL

A GUÉBEC RECONNUE,

{2 Archives de Que bec, reg. des juge ments & délibérations du Conscil, fol, 73, 20 août 1007.

(3) Ibid, Arrêts, déclarations, vol, À, fol, 15,13 sept. 1007.

« de vos talents, capacité, mérite & bonnes qualités, « avons fait choix de votre personne pour remplir & exer- « cer la charge de Gouverneur, de laquelle nous vous “ avons pourvu & pourvoyons par ces présentes : cspé- « rant que les habitants de cette île recevront de vos soins « & de votre bonne conduite toutes sortes d'avantages & « de satisfactions. Enjoignons à nos officiers & à nos jus- « ticiables de l'ile de Montréal qu'ils aient à vous recevoir « & à vous reconnaitre en cette qualité de Gouverneur ; « sans toutefois que vous puissiez prétendre aucuns gages « ni appointements autres que ceux que Île pays a accou- « tumé de donner (1). » Mais comme le bien de Villemarie soutlrait beaucoup, depuis trois ans & demi, de l'absence si prolongée d'un Gouverneur, & que M. Pérot pouvait faire naufrage ou mourir dans la traversée, M. de Bretonvilliers envoya ce méme jour, au supérieur du Séminaire de Villemarie, d'autres semblables lettres en blanc, afin que le pays ne restàt pas trop longtemps sans Gouverneur, si l'autre venait à périr dans le voyage.

Nous avons parlé déjà de la querelle faite par M. de Lauson, M. d'Avaugour & M. de Mézy aux seigneurs de Montréal, relativement à la propriété d'un magasin qu'ils possédaient à Québec, & dont ils ne pouvaient produire le titre, égaré ou souftrait depuis longtemps. Ils profitèrent de la circonftance pour adresser sur cet objet une nouvelle

requête, & par suite des informations qui furent faites, le Conseil, où se trouvaient M. de Laval & M. Talon, sous

la présidence de M. de ‘Fracy, ordonna, le 20 août, que le Séminaire jouirait de tout le terrain contefté, ainsi que de la bâtisse qui y avait été élevée par Le Normand, en donnant à celui-ci, pour ces contftructions, un dédommagement convenable (2). Mais comme ce jugement n'était point un titre de propriété, M. Talon, en vertu de ses pouvoirs extraordinaires, déclara que le Séminaire jouirait de tout le terrain, ainsi que de tout ce qui y était conftruit, & que la présente ordonnance lui servirait de titre (3).

RAPPEL DE M, DE TRACY, 1667 165 qu M. de Tracy, M. de Courcelles & M. Talon ne pou- :; RANGERS q! l vaient se dispenser de faire un règlement définitif sur la “érsir. Li ; taxe de la dime, qui, les années précédentes, avait excité pl : tant de rumeurs à Québec. On a vu que M. de Laval avait ; $ d'abord obtenu de la cour un édit qui la portait au trei- H | ) ‘ zième ; mais que, lorsqu'il voulut en venir à l'exécution, il AN : jugea prudent, pour calmer l'agitation des esprits, de la 4 d réduire au vingtième pendant six ans, & même pour tout le temps de sa vie, ce qui pourtant n'avait pas satisfait les S mécontents (1). La grande confiance que M. de Tracy lui (1) Archives de l'a. : témoignait fut apparemment le motif qui porta ce Prélat à on el rs rase Tr présenter une requête, pour que la dime fût remise au trei- 10 nov. 1663, er fé | - ième. Mais, sur les remontrances des syndics des habi- ‘ir 1654: | L tants & sur celles des capitaines des côtes, M. de Tracy, | c M. de Courcelles & M. Talon jugèrent que cette taxe était - exorbitante pour un pays nouveau, et que même celle du » visgtième serait encore trop forte. Ils la fixèrent donc au

vingt-sixième, en déclarant de plus que, les cinq premières années de la concession d'une terre, le propriétaire n'en payerait point la dime, afin qu'il pût la défricher plus aisément. ‘l'outefois, comme dans cette taxe ils avaient égard à l'état où le pays naissant se trouvait alors, ils firent ob-

S server que, s'ils la fixaient ainsi, c'était sans préjudice de |

u l'avenir, où elle pourrait être plus forte lorsque la colonie 4 t serait mieux établie (2). Malgré cette ordonnance, le syn- (2) Grette de Vilte- FEU C | die & les colons de Villemarie, touchés sans doute de la ne "4 |

CA: sl générosité des seigneurs de Montréal & du digne usage FA SAW qu'ils faisaient de leurs biens pour faciliter l'établissement |

| * des familles, réglèrent d'eux-mêmes, l'année suivante 1668, qu dans une assemblée générale, que pendant trois ans la LEE | 1 dime serait fixée au vingt et unième pour les gerbes de blé, 3) /6id. Assemblée ELU DETRE & au vingt-sixième pour les autres grains (3). er FAN | t LEA si | DE ns Ce règlement général, qui réduisit ainsi la dime à la w. ve . RAPPELÉ LA J vingt-sixième partie des grains récoltés, fut l'ouvrage com- SRRANGRE fl mun de MM. de Tracy, de Courcelles & Talon. On peut

cependant présumer que, si M. de Tracy eût été pourvu

seul de l'autorité du Roi pour régler les atlaires du pays,

la dime aurait été remise au treizième. Du moins M. de

Laval, écrivant au Souverain. Pontife & lui disant que les

Canadiens se refusaient à la payer, sous prétexte qu'ils

n'avaient point de véritable Évèque ni de curé, ajoutait :

« Cette année cependant, la nécessité, ou le Vice-Roi

a) Archives de la © M, de Tracy les obligera à la payer (1). C'eft un homme HIS en puissant en œuvres à en parois, il autorise la vie chrése di, tienne par son exemple, en prend ha ‘ment la défense, du 25 oét. 1UUG. & nous espérons beaucoup de bien de son séjour en (2) Ibid. Lettre au « Canada, s'il plait au Ciel de nous le conserver (2). » Pape, du tot 1006 Ag de Tracy se montrait en effet très-favorable à l'Évèque de Pétrée et au clergé de Québec, & cette grande affeclion

était mêrre assez notoire. La Mère de l'Incarnation, dans

une lettre du 16 octobre de l'année précédente 1666, après

avoir fait un bel éloge de M. de Tracy, ajoutait ces paroles

bien significatives : « Il favorise & soutient l'Église par sa

piété & par le crédit qu'il a universellement sur tous les

esprits : ce qui nous fait craindre que le Roi ne le rap-

pelle l'année prochaine, comme en effet on nous a donné

avis que Sa Majefté lui fait é 1iper un vaisseau pour le

faire retourner en France, av : l'honneur qu'il a mérité

3) Lettres de la « dans ses grandes commissions ‘3). » Il fut en etfet rap- Re das pelé en 1667. « Cette nouvelle Ég 3e, écrivait encore cette Religieuse, & tout le pays fer nt une perte qui ne se

peut dire, car il a fait ici des e: ‘éditions qu'on n'aurait

jamais osé entreprendre ouesp er. Dieu a voulu donner cela à la grande piété de sons viteur, qui a gagné tout

le monde par ses bonnes œ. es & par les grands

exemples de vertu & de religon qu'il a donnés à tout le

pays. Nous perdons beaucoup pour notre particulier :

il nous fait faire une chapelle qui lui coûtera plus de

deux mille cing cents livres; c'eft le meilleur ami que

nous ayons eu depuis que nous sommes en Canada.

(4 Lettres de la « Nous souhaiterions, pour le bien de l'Église & pour tout ne Ni ane le pays, que Sa Majesté voulût le renvoyer (4). » Le p. 62e. règlement sur la dîme dont on vient de parler avait été

fait le 23 du mois d'août 1667; &, cinq jours après, M. de Tracy partit de Québec pour la France, sur le vaisseau

| le Saint-Sébaflien, quittant ainsi le Canada pour tou- — ; (1 ournal des Je-

| Jours (1). suit. s, 23 août 1667, ' | k} X. at

De ces paroles qu'on vient de rapporter plus haut : xouvrax vssioxnus 1188 fi

, Tin rse CAT als : ; PT S .h RES ENVOYÉES DU Sk- ‘f ail

M. de Tracy soutic n l'Eglise, ce qui nous fait cranQres Sets (ra

qu'on ne le rappelle l'an prochain, on ne doit pas conclure stimer or vamis. LU

que M. de Courcelles & M. Talon ne prètassent pas leur concours à l'établissement de la religion en Canada. Si la Mère Marie de l’Incarnation parle de la sorte, c'eft que ces deux derniers, ayant recu du Roi les inftructions particulières dont nous avons parlé, & étant d'ailleurs inveftis de pouvoirs extraordinaires qui leur attribuaient une lb Tel autorité comme souveraine dans l'ordre temporel, agis- Eat (| saient par eux-mêmes dans ces sortes de matières, sans le concours du clergé, comme ils firent dans la taxe de la | dime; ce qui, dans les commencements, devait les faire Î soupconner d'être moins favorables à l'Église, à cause de ce nouveau régime auquel on n'était point encore accoutumé. Nous allons voir, au contraire, combien, en vel'ant FE aux intérêts des particul.ers, ils eurent à cœur, conformé- ti ment aux intentions du Roi, de procurer le bien de la reli- VAE AE gion, d'abord en attirant en Canada de nouveaux mis- a sionnaires. Louis XIV s'étant proposé de former dans ce LE pays une colonie entièrement catholique, l'un des pre- ii miers objets de sa sol'icitude fut d'y augmenter le nombre des ouvriers évangéliques, tant pour accélérer la conversion des sauvages, que pour fournir des moyens de sanéti- i 4

fication nécessaires aux premiers colons. On a vu déjà ; | 1 qu'en 1660 la Cour avait défendu à M. de Bretonvilliers | il d'envoyer en Canada aucun de ses Ecclésiaftiques, qu'on ill | se plaisait à représenter alors comme opposés à l'autorité qi du Saint-Siége & capables de faire un schisme dans ce re Se s 1 sil 0 pagande, vol. Aime Ë Ë

pays (2). Une calomnie si invraïsemblable & si violente »ica 3, Canada, 256.

devait tomber bientôt d'elle-même; aussi la Cour, mieux f£ttre du nonce er ; . Ro : Si : cardinal préfet,27 juil.

informée, qui désirait avant tout d'y procurer l'établisse- 666, tot, 20, 22.

1) Archives de la narine, recensement 1906, art, Québec,

:) Catalogue d'entréc du séminaire de Sunt-Sulpice à Paris,

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