‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 140 sur 392 · S AA · texte numérisé non relu

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MISSION DE KENTÉ, 1068.

un pareil établissement. On y fit transporter à grands frais des befliaux pour la culture des terres, de la volaille & d'autres animaux; & par ce moyen, on adoucit la posi tion des Missionnaires qui, les premières années, y avaient enduré de très-rudes privations. Dans le voyage que M. de lénelon fit de Kenté à Villemarie, au printemps de l'année 1669, il trouva l'occasion de baptiser un enfant sauvage, qui mourut aussitôt après, & en informa, par lettres, M. de Bretonvilliers. Celui-ci, qui faisait tous les frais de cette Mission, lui disait avec joie dans sa réponse que, quelque onéreux qu'eût été & que pôt être encore à l'avenir cet établissement, il l'eftimerait très-avantageux à la maison de Saint-Sulpice, quand il ne devrait produire aucun autre fruit que le baptème de cet enfant, pourvu que les sujets qui y Ctaient employés fussent toujours fidèles à leur emploi (*.

Comme nous l'avons dit, on baptisait cependant quelques adultes à la mort. Il arriva même, à ce sujet, une chose assez singulière : un sauvage qui méprisait la religion, étant tombé gravement malade, songea une nuit qu'il voyait une belle & grande maison, à Kenté, toute remplie de Missionnaires, où un jeune d'entre eux le baptisait; & à son réveil il envoya sa femme à Kenté pour chercher un prêtre. M. d'Urfé se rendit auprès de lui, & ayant appris du malade le récit de ce songe, se mit à l'inftruire. De leur côté, M. Trouvé et M. d'Urfé continuèrent les inftruétions, pendant trois mois, dans les

(*) Comme le succès de létablissement de Kenté ne se bornait guère qu’au baptême des enfants, un jour, quelques Evêques trèszélés pour les Missions de la Chine, représentèrent à M. de Bretonvilliers le peu de fruit de celle du Canada, sans doute pour l’engager à consacrer plutôt ses aumônes & ses Ecclésiaftiques aux premières; & là-dessus, sans être ébranlé par leurs représentations, il se mit à leur montrer la valeur d’une seule âme dont on procure le salut, & aussi le bonheur de travailler aux emplois les plus délaissés de l'Eglise, par soumission à la volonté de Dieu {1}.

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