‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 149 sur 392 · COLONIE · texte numérisé non relu

COLONIE

(1) dbid,, » nov,

Ibid, 1 nov.

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(3) Jugements &

sil

délibérations du Con-

souverain, EE août 7 lol, 73, vas,

Mademoiselle Mance & les prêtres du Séminaire, craignant que la Communauté des Hospitalières de Saint-Joseph ne püttrouver des sujets dans le pays, avaient attiré de France des jeunes personnes de qualité, résolues d'embrasser cet Inflitut à Villemarie; mais la Providence, qui les deftinait toutes à devenir d'excellentes mères de famille, ne permit pas que, malgré leur ferveur & leur zèle, elles soutinssent les exercices pénibles du noviciat, d'où il arriva que toutes furent recherchées en mariage pour les charmes de leur vertu, À répandirent une grande édification dans la colonie. De ce nombre était Catherine Gauchet de Belleville, d'une noble famille originaire de Senlis, qui, après avoir refusé en France un riche établissement, épousa à Villemarie, en 1665, M. Jean-Baptiste Migeon de Branssat, procureur fiscal dont il a été parlé déjà. Perrine Picoté de Béleftre, sœur de M. Pierre de Béleftre, ne put supporter non plus les épreuves du noviciat, & épousa M. Michel Godefroy, sieur de Lintot, résidant aux Trois-Rivières. II en fut de même de mademoiselle Mullois de Laborde, qui épousa M. Étienne Pézard de la Touche, déjà nommé, né, comme elle, à Blois, paroisse de Saint-Honoré. Pareillement Marie Moyen des Granges, sœur cadette de madame Closse, entrée d'abord au noviciat de l'Hôtel-Dieu, épousa en 1667 M. Sidrac du Gué de Boisbriant, capitaine au régiment de Chambly (*). Une autre jeune personne, après

l’'Espérance, du village d’Épernay en Picardie (1); de Jeanne Fauconnier, d'Orléans, avec Antoine Dufresne, dit Saint-Antoine, natif de Saint-Viry en Picardie (2).

(*) Mademoiselle Moyen, alors âgée seulement de vingt ans, avant eu, à Paris, une succession avantageuse à sa sœur & à elle, mademoiselle Mance, sa mère adoptive, qui voulait létablir, demanda auparavant, pour elle, au Conseil souverain des lettres d’émancipation, afin qu’elle püt administrer ses biens. M. Talon, M. Souart, madame d’Aillebouft, M. Chartier & d’autres personnes honorables qui portaient un vif intérêt à cette jeune orpheline, se joignirent à mademoiselle Mance dans sa requête, & le 11 du mois d'août 1667, des lettres d’émancipation furent expédiées en sa faveur (3).

quatre ans de séjour chez les Hospitalières, dont elle désirait aussi vivement d'embrasser l'Inflitut, fut retirée par ses parents, qui la marièrent avec Étienne Truteau. « Elle sert « Dieu dans le monde, écrivait ensuite la Sœur Morin, & « eft mère d'une nombreuse famille qu'elle nourrit & élève « dans l'amour & dans la crainte de Notre-Scigneur, avec « édification & sagesse en toutes choses (1). » I en fut encore ainsi de quatre autres vertueuses filles, que mademoiselle Mance avait attirées de France, pour l'aider à l'Hôtel-Dieu avant l'arrivée des filles de Saint-Joseph. Mademoiselle de la Bardilière, dont nous avons parlé, quitta aussi l'Hôtel-Dieu & devint mère de famille. Entin, durant les trente-trois premières années de leur séjour en Canada, les Hospitalières donnèrent l'entrée de leur Communauté à plus de vingt filles pleines de courage & de piété, qui toutes furent obligées d'en sortir, ne pouvant s'accoutumer à un genre de vie si pénible & si accablant pour la nature. « Dieu le permit ainsi, ajoute la Sœur « Morin, pour peupler la nouvelle colonie, & lui donner « des mères de famille remplies de son esprit & de son « amour, »

Nous devons ajouter ici que Louis XIV, non content d'envoyer des colons en Canada pour y former des familles, usait encore de tout son pouvoir pour qu'on mariât de

bonne heure tous les jeunes gens nés dans le pays. C'était ?

le moyen le plus efficace, en multipliant le nombre des colons, de procurer la sainteté des mœurs & l'union des ménages ; aussi voyons-nous que saint Jean Chrysoftome, pour obtenir un si heureux & si nécessaire résultat, engageait les fidèles de son temps à marier leurs enfants dès qu'ils étaient en âge nubile. Dans cette même vue, le Roi écrivit en 1668 à M. de Laval d'user de son influence pour que les garçons se mariassent à dix-huit ans et les filles à seize (2); & l'année suivante, il assigna annuellement la somme de trois mille livres, afin d'accélérer les mariages. 1 mandait à ses officiers de donner de ce fonds

(1) Annales des Hose pitalières de Villemarie, par la Sœur Mo.

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