‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 15 sur 392 · TE MOYNE ET DIX · texte numérisé non relu

TE MOYNE ET DIX

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« année 1662, la Mère Marie de l'Incarnation, eft aussi « captif parmi eux que les captifs eux-mêmes; & à pré- « sent on ne sait s'il eft mort ou vif, Au commencement « de l'été, un de leurs capitaines ramena un captif fran- « Çais ; on envoya à Québec ce capitaine, pour voir M. le « Gouverneur, qui reconnut à sa contenance & à celle de « ses gens quil y avait dans eux quelque fourberie cachée. Cela fit qu'on s'en défia & qu'on les traita avec réserve, ‘ce quils remarquèrent bien, & fut cause qu'ils s'en « retournèrent assez mécontents. Nous ne savons encore « ce qui eft arrivé au R. P. Le Moyne, ni à nos captifs « français, non plus qu'au R. P. Mesnard, qui eft chez « les Outawais, avec lesquels il devait descendre dans nos « quartiers. Les Iroquois, qui en ont eu vent, se sont ‘ cantonnés dans toutes les avenues, afin de tomber sur eux & d'enlever toutes leurs pelleteries (1). »

Garacontié, ce capitaine Froquois, ami des Français, que nous avons vu ramener des captifs à Villemarie, s'arrêta à Agnié, en retournant à Onnontagué, sa patrie. Dans son séjour à Agnié, il eut occasion d'y voir un crucifix, d'environ deux pieds de hauteur, que les sauvages de cette nation avaient enlevé, l'année précédente, à Argentenai, dans l'ile d'Orléans, quand ils y firent les dégats que nous avons racontés. Sachant le respect que les Français portaient à de semblables images, Garacontié n'eut pas de repos, qu'il n'eut retiré celle-ci des mains des Agniers. L'ayant obtenue d'eux, au moyen d'un riche présent, il porta ce cructfix à Onnontagué, & le plaça honorablement sur l'autel de la petite chapelle, où tous les jours les captifs avaient la liberté de se réunir pour prier Dieu ‘2). 1 n'oublia pas de raconter aux siens le bon accueil qu'il avait recu à Villemarie, & de se louer des présents qu'on lui avait faits, entre autres d'un beau collier de porcelaine, travaillé, disaitl, par les mains des Ursulines, toutes disposées à recevoir de petites filles sauvages à Québec, quand on voudrait leur en envoyer. Il ajoutait que, «1 les

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