‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 156 sur 392 · DE MONTRÉAL · texte numérisé non relu

DE MONTRÉAL

dans la Compagnie de Jésus, & privé pour cela de l'héri-

(1) Greffe de Ville. tage de ses parents (*), était ensuite passé à Villemarie (1) marie. Aëles de Bas dans l'espérance de s'y livrer à de grandes entreprises,

set, 1er nov, 1607.

Contrat de mariage de attiré sans doute par M. Jean Cavelier, son frère, docteur

Bugnet,

(2) Mercure Français, t XVII, année 1031, p. 74 et suiv,

(3) Papiers de famille en la possession de M. de Montrufé, à Rouen,

(4) Le président Hénault, année 1755,

en théologie, prêtre du Séminaire dont on a parlé déjà. M. de Queylus l'accueillit avec bonté, & pour lui procurer le moyen de servir la colonie de Montréal & de s'y établir avec avantage, il lui accorda gratuitement un fief noble en face du Saut Saint-Louis, dans un endroit de l'île où le Séminaire avait déjà résolu d'établir une bourgade. Il ne lui donna point alors de titre écrit, apparemment pour pouvoir juger de la conftance de ce jeune homme, ou peutêtre parce que l'état du pays était encore trop incertain. En accordant à M. Du Puis, major de l'ile, la première redoute, du côté du lac Saint-Pierre, le Séminaire ne lui

(*) Telles étaient alors les dispositions des lois, pourempécher que les familles ne fussent troublées par les personnes qui, s'étant vouées à la vie religieuse, s'en retiraient ensuite volontairement. Ainsi, le 30 janvier 1631, le Parlement de Paris déclara que Charles Begat, prêtre, qui, étant entré dans la Compagnie de Jésus, y avait vécu de pauvreté, n’était pas recevable, après deux ans de probation, à recueillir la succession de son frère; & ordonna qu’il jouirait de l’usufruit du tiers des immeubles, par forme d’aliments {2). Il paraît, d’aprèsles papiers de la famille de La Salle, qu’on ne lui avait assigné que trois cents livres de pension (3). Plus tard, il fut jugé au Conseil

.des dépêches que les ex-jésuites pouvaient rentrer dans leurs biens jusqu’à Pâge de trente-trois ans (4).

avait pas non plus donné d'écrit. Le fief pour le sieur de La Salle, qui semble avoir été d'une assez vafte étendue, fut érigé sans aucun droit de juftice, quoique avec droit de moulin seigneurial, à la seule charge d'une médaille d'argent fin, du poids d'un marc, à chaque mutation de seigneur (1),

La Salle parut s'appliquer tout entier à l'établissement de sa seigneurie; & par reconnaissance sans doute pour ses bienfaiteurs, la surnomma de Saint-Sulpice, d'où la côte fut appelée du même nom, le premier qui lui ait été donné dans les actes publics, Il y commença des défrichements & des conftruétions, traça l'enceinte du futur village où tous les colons devaient avoir une maison pour s'y mettre à couvert des Iroquois, & fit aussitôt diverses concessions de terre, donnant à chacun des nouveaux colons soixante arpents, & en outre un demi-arpent dans l'enceinte du village. Les cens qu'il leur imposa devaient être payés non à la Saint-Martin, mais à la fête de Saint-Sulpice : c'étaient deux liards pour chaque arpent de terre, & trois chapons six deniers tournois pour le demi-arpent du village. Mais comme le chemin de Villemarie à la côte Saint-Sulpice était encore peu praticable à cause des abatis d'arbres qu'on y rencontrait, ce qui avait rendu très-difficile le transport des choses nécessaires à la formation de la nouvelle bourgade, La Salle, tant pour récompenser les habitants, déjà établis dans ce lieu, des peines qu'ils avaient prises, que pour les dédommager des dépenses qu'ils avaient faites, & peut-être aussi pour en attirer d'autres, les tint quittes de toute rente seigneuriale jusqu'en l’année 1671, pourvu qu'ils y eussent feu & lieu à la Saint-Jean de l’année 1669. Enfin, il leur donna à tous le droit de pêche devant leur concession & de chasse sur leurs terres, & sépara de son fief deux cents arpents vers le lac Saint- Pierre, pour commune, où chacun pourrait faire paître ses beftiaux moyennant une redevance de cinq sous chaque année (2).

(1) Grelle de Villemarie, 9 janvier 1600, Transport de la seigneurie de Saint Sul-

pice.

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