‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 163 sur 392 · BRANCHES DE COMMERCE · texte numérisé non relu

BRANCHES DE COMMERCE

C'eft ce qui faisait dire au P. Le Mercier, dans la riverses siens pe

relation de 1665 : « Les premières pensées de M. Talon « furent de s'appliquer, avec une aétivité infatigable, à la « recherche des moyens par lesquels il pourrait rendre « ce pays florissant, soit en faisant les épreuves de tout « ce que cette terre peut produire, soit en établissant le « négoce & nouant les correspondances qu'on peut avoir « ici, non-seulement avec la France, mais encore avec les « Antilles, Madère & les autres peuples, tant d'Europe « que d'Amérique. Il y a si bien réussi, qu'on met en « usage les pêches de toute nature de poissons, qui sont « très-abondantes dans les rivières, comme de saumons, « efturgeons ; & même, sans sortir du fleuve, de harengs « & de morues, dont le débit eft en France de très-grand « profit. On en a fait des épreuves, cette année, par des « chaloupes qu'on a envoyées & qui ont beaucoup pro- « duit. De cette nature eft la pêche du loup marin, qui « fournit de l'huile à tout le pays, & donne beaucoup de « surabondant qu’on envoie en France & aux Antilles. La « pêche du marsouin blanc fournira des huiles plus excel- « lentes pour les manufaétures & même en plus grande « quantité. Le commerce que M. Talon projette de faire « avec lesiles Antilles ne sera pas l’un des derniers avan- « tages du Canada; & déjà, pour en connaitre l'utilité, 1l « fait passer en ces îles, dès cette année, de la morue, du « saumon salé, de l'anguille, des pois verts & blancs, de « l'huile de poisson, du méring & des planches, le tout du « cru du pays. Enfin comme les pêches sédentaires sont « l'âme & le soutien du négoce, il prétend les établir au € plus tôt (1). » De son côté, la Mère de l'Incarnation écrivait en 1650 : « L'on introduit un triple commerce « (qui liera par es relations mutuelles) la France, les îles € d'Amérique & le Canada. ‘Trois vaisseaux chargés de « planches de pins, de pois & de blé d'Inde vont partir « pour aller aux îles. Là ils déchargeront leurs marchan- « dises & se chargeront de sucre pour la France, d'où ils apporteront ici les choses nécessaires pour fournir à

HE. î

Page 1