‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 19 sur 392 · CURÉ A VICLEMARIE PAR QUÉBEC · texte numérisé non relu

CURÉ A VICLEMARIE PAR QUÉBEC

Cp Journal des Jé suites, juin 1662, Lcttre circulaire sur Île P, Chaumonot, par le P, Dablon, Biblioth, Royale, supplément français, 1282, manuse, in-tol.

(4) Arch, du Sém.

de Villemarie, Paris, 21 mars 1631, + mai 105$,

D MAISONNEUVE EXCITI EFFICACE= MENT LES COLONS A LA CULTURE DES TER- RES,

défense du pays, et en particulier pour procurer, comme elle l'avait fait conftamment, la sûreté de Québec. Peutètre même ce secours ne fut-il que l'acquittement d'unc dette dont ce dernier pofte s'était trouvé chargé. Du moins M. de La Dauversière, avant sa mort, ayant remis à M. Bourdon huit mille livres pour procurer à Villemarie des hommes & des munitions, trois mille livres de cette somme n'avaient pas été employées à cet usage; & le Conseil de Québec avait obligé la communauté des habitants de ce lieu à reftituer cette somme aux seigneurs de Montréal (1). Quoi qu'il en soit, le P. Chaumonot accompagna le convoi dont nous parlons, ce qui fait dire au P. Dablon, parlant de ce dernier : « Il fut choisi pour « aller secourir les habitants de Montréal, qui étaient « dans une extrême disette de vivres. »

Il était cependant nécessaire de pourvoir à la subsistance de la Colonie par la culture des terres; & cette même année 1662, M. de Maisonneuve usa de toute son influence pour déterminer ceux des colons dont les terres étaient plus écartées à en défricher de nouvelles sur le domaine des seigneurs. Il fit plus, il engagea ceux qui n'étaient point cultivateurs à prendre aussi & à cultiver des terres, afin que de la sorte tous concourussent, par leur travail, à la conservation de la Colonie, en lui procurant les vivres absolument nécessaires à sa subsiftance. Ce sage & habile gouverneur sut même intéresser au bien général ceux qui, jusqu'alors, avaient été nourris par le travail des autres, savoir : leæ soldats de sa garnison & les serviteurs ou engagés. Il eft bon de remarquer ici que la colonie Française se composait alors de quatre classes de personnes : des soldats, des habitants, des engagés ou serviteurs, & des travaillants appelés aussi volontaires. On nommait habitants ceux qui avaient promis de demeurer dans le pays & y subsiftaient par euxmêmes; eux seuls avaient le privilége de faire avec les sauvages la traite des pelleteries. Les soldats compo-

th au

ni se)

FRÉAL.

comme Peutd'une | moins emis à emarie le cette Fa & le ss habiurs de accomdire au si pour étaient

subsis- & cette ute son s terres

sur Île UX qui cultiver nt, par procuiftance.

au bien

par le arnison harquer quatre ts, des s aussi nt proar eux- “ec Îles

COMpPO-

4° GUERRE. HOSTILITÉS. 1602. Il

saient les garnisons proprement dites. Quant aux engagés, c'étaient des serviteurs qui se liaient, pour un temps déterminé, au service de certains habitants; & comme ils devaient s'obliger ou s'engager, par contrat, à les servir le temps convenu sans pouvoir se donner à d'autres maïtres, de là vint la coutume de les appeler engagés. Enfin on nommait #ravaillants où rolontaires les simples journaliers (*). Pour déterminer donc les soldats & les engagés à se livrer à la culture des terres, M. de Maisonneuve rendit, le 4 novembre de cette année 1662, une ordonnance par laquelle il déclara que tous les soldats et tous les serviteurs domeftiques qui, sans préjudicier à leurs engagements, défricheraient des terres sur le domaine des seigneurs, jouiraient de ces terres jusqu'à ce qu'on leur en eût donné autant ailleurs également défrichées,; que, de plus, s'ils promettaient de défricher sur le domaine, seulement quatre arpents de terre quand ils le pourraient, ils jouiraient, comme les habitants, du privilége de faire la traite des pelleteries avec les sauvages; mais que ceux qui ne feraient pas cette promesse ne pourraient trafiquer avec ces derniers, sous peine d'une amende arbitraire & de confiscation des pelleteries traitées, qui seraient données secrètement & très-fidèlement aux dénonciateurs de l'un ou de l’autre sexe, quels qu'ils fussent (1). Cette sage invitation fut si efficace, qu'avant la fin de la même année soixante-deux particuliers se présentèrent à M. de Maïisonneuve & prirent des terres sur le domaine des seigneurs aux conditions indiquées (**). De ce nombre, quatre engagés du Séminaire, ainsi qu'un autre de l'HÔ-

(*) Vovez la note sur les travaillants ou volontaires à la fin du tome LIT.

(**) Entre autres, Antoine Lafontaine, Pierre Nafrechou, Barthélemy Verreau, Simon Cardineau, Antoine Beaudry, Pierre Desautels} René Filiaftreault, Pierre Tessier, Antoine Brunet, Claude Marcout, Jean Cadieux, Jacques Dufresne, Tècle Cornélius. Ce dernier était Irlandais, & dans late de sa concession il eft qualifié : serviteur domestique de la Sainte Vierge.

(1) Gretle de Villemaiie. Ordonnancedu 4 nov. 1062,

1 Arch, du Sém.

de Villemarie.Conces-

sions d'oétobre & nov.

1602, fév, 160%.

Page 1