‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 198 sur 392 · XI, ZÈLE DU ROI POUR L'É- DUCATION DES EN“ FANTS SAUVAGES · texte numérisé non relu

XI, ZÈLE DU ROI POUR L'É- DUCATION DES EN“ FANTS SAUVAGES

(2) Archives du séminaire de Québec, vol. in-fol., intitulé :

Nomsde ceux qui sont entrés au petit seminaire.

(3) Archives de Ja marine. Lettre de M.

Talon à Coibert, 2 oét, 1667.

« blissement dans tous les lieux où il sera jugé le plus à « propos pour la gloire de Dieu : nous le confirmons par « les présentes, signées de notre main (1). »

Le petit Séminaire de Québec, ainsi que nous l'avons dit, dut son origine à l'invitation que Louis XIV fit à M. de Laval de donner ses soins à l'éducation d'enfants sauvages. C'eft que, voyant ces barbares si éperdument attachés à leur manière de vivre, qu'il paraissait comme impossible de la leur faire quitter, ce Prince pensait que le moyen le plus facile et le plus naturel pour les civiliser était de commencer par leurs enfants. Il résolut donc d'élever à la Française un certain nombre de petits sauvages, en les faisant vivre parmi les colons, de les marier ensuite avec des Françaises, &enfin de leur donner desterres, pour qu'ils s'appliquassent à l'agriculture. M. Talon, à qui il communiqua là-dessus ses ordres, proposa à M. de Laval de se charger de l'éducation d'enfants Hurons; il pressa les Jésuites de s'appliquer à élever des Algonquins (2) ; & fit la même demande aux prêtres de Saint-Sulpice (*). M. de Laval entreprit donc la bonne œuvre, & forma à cette occasion le petit Séminaire de Québec. « Comme le Roim'a « témoigné, écrivait-il, qu'il souhaitait qu'on tàchât d'éle-

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(*) Jusqu’alors les prêtres de Saint-Sulpice s'étaient bornés à l'éducation d’enfants Français, pour se conformer aux désirs de M. de Laval. Le supérieur du Séminaire de Villemarie répondit à M. Talon que volontiers il tiendrait une école pour l’éducation des sauvages grands & petits, & appliquerait deux de ses prêtres à leur enseigner la langue Française & à les civiliser, si M. de Laval Pavait pour agréable; & là dessus M. Talon fit cette réponse à Colbert, le 27 octobre 1667 (3). « Vous verrez à quoi le supérieur du Sémi- « naire de Montréal s'engage par un écrit ci-joint. Jeftime que si « vous consentez que je lui promette, de la part du Roi, que ses « ouvriers ne seront pas inquiétés à l’avenir en tenant école pour « Pinftruétion des sauvages, on aura beaucoup fait pour les déprendre « de leur humeur farouche, & que, l’émulation se mettant entre eux « & les PP. Jésuites, ils travailleront à envi à la perfection de leur « ouvrage. »

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ver à la manière des Français les petits enfants sauvages pour les policer peu à peu, j'ai formé exprès un Séminaire, où j'en ai pris un certain nombre à ce dessein; & pour y mieux réussir, j'ai été obligé d'y joindre de petits Français, desquels les sauvages apprendront plus aisément & les mœurs & la langue, en vivant avec eux (1). » Les Jésuites, de leur côté, commencèrent

aussi à élever des enfants sauvages, pris parmi ceux du voisinage de Québec, & les Ursulines se chargèrent de l'éducation de petites filles (2).

« Nous avons francisé plusieurs filles sauvages, tant Huronnes qu'Algonquines, écrivait la Mère Marie de l'Incarnation ; nous les avons mariées à des Français, & elles vivent en fort bon ménage. Il y en a une, entre autres, qui sait lire & écrire, tant en sa langue Huronne qu'en la nôtre, avec tant de perfeétion qu'il n’y a personne qui püt se persuader qu'elle fût née sauvage. M. Talon en a été ravi, & l'a obligée de lui écrire quelque chose en sa langue & en la nôtre, pour l’emporter en France & le faire voir comme une chose extraordinaire. Sa Majefté désire qu'on francise ainsi peu à peu tous les sauvages, afin d'en faire un peuple poli. L'on commence par les enfants. Monseigneur notre Prélat en a pris un grand nombre; les Révérends Pères en ont pris aussi en leur collége de Québec. Tous sont vêtus à la Française, & on leur apprend à lire & à écrire comme en France. Nous sommes chargées des filles, conformément à notre esprit; nous en avions élevé quelques-unes ; mais à présent qu'il les faut toutes franciser & les vêtir d'habits à la Française, ce n'eft pas une petite dépense : car il n’y en a pas une d'elles, non plus que des petits garçons, qui ne coûte pour le moins deux cents livres pour son entretien (*). » Les Ursulines de

) Mademoiselle de Luynes nous envoyait des étottes pour les

(H)Relation «le 166$, p. 31.

(2) Relation de 166$

Pe

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