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{a, Lettres de Marie de l’Incarnation, lettre 85e, 27 septembre 1670, p. 651.
(2) 1bid., lettre G2e, 10 août 1662, p. 570.
SUR L'INVITATION DU ROI, LES PRÈTRES DE SAINT-SULPICE ÉLE= VENT DES GARÇONS SAUVAGES.
(5) Lettres de Marie de l’Incarnation, lettre 70°,21 sept, 1068, p. 630, 631.
Dijon envoyèrent, en 1670, quelques secours pour ces enfants, qui, par leur docilité, donnaient à leurs maîtresses les consolations les plus douces. « Ce sont les délices de « nos cœurs, leur écrivait la Mère Marie de l'Incarnation, « qui nous font trouver dans notre petit travail des dou- « ceurs que nous n'échangerions pas pour des empires. « Nous vous avons de très-étroites obligations des cha- « rités que vous nous faites pour nous aider à élever ces « enfants; & ce qui nous oblige doublement, c'eft que « votre charitable cœur, afin de nous assifter, se prive de « ce qui pourrait vous être nécessaire (1). » La Mère Marie de l'Incarnation était certainement la personne la plus propre à ce miniftère, & la plus capable de le remplir avec succès, comme possédant parfaitement les langues sauvages, & étant en état de les apprendre à ses jeunes Sœurs. « J'avais l'hiver dernier, écrivait-elle plusieurs « années auparavant, trois ou quatre jeunes Sœurs con- « tinuellement auprès de moi, pour assouvir le désir « qu'elles avaient d'apprendre ce que je sais des langues « du pays. Depuis l'Avent jusqu'à la fin de février, je leur « ai écrit un Catéchisme Huron, trois Catéchismes Al- « gonquins, toutes les prières chrétiennes en cette langue, € & ungros Diétionnaire Alsonquin °2). »
L'année 1668, les Prètres de Saint-Sulpice commencèrent, de leur côté, à élever des enfants sauvages, de l'agrément de M. de Laval, & Colbert, ayant appris le début de leurs travaux, écrivait à M. de Courcelles : « M. Talon a ordre du Roi de témoigner à M. l'Évèque « de Pétrée & à l'abbé de Queylus qu'ils ne peuvent rien « faire qui soit plus agréable à Sa Maijefté que de conti-
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vétir & une bonne aumône pour aider à les nourrir, Elle avait dessein de faire une fondation à cet effet; mais, la mort Payant surprise auparavant, nos filles sont demeurées sans appui. Car à présent il n’y a que deux honnètes Dames de France qui nous envoient chaque année cinquante livres pour le Séminaire (3).
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« nuer à travailler, comme ils ont commencé, à l'inftruc- « tion des enfants sauvages & à les civiliser, pour les « rendre capables de se joindre aux Français, sous l'obéis- « sance de ceux qui ont l'autorité légitime du Roi (1). » Le même jour, Colbert écrivait à M. de Queylus luimême : « Sa Majefté a fort approuvé la résolution que « vous avez prise & exécutée, de nourrir de jeunes sau- « vages pour les élever dans les maximes de notre reli- « gion & de la vie civile des Français, afin de ne compo- « ser des uns & des autres qu'un peuple, s'il eft possible. « Je sais qu'il ne faut pas moins de zèle, d'application & « de piété que vous en avez pour réussir dans une sem- « blable entreprise; mais dans l'eftime que nous faisons « ici de toutes les rares qualités qui sont en vous, nous « avons lieu d'en espérer beaucoup de satisfaétion. Vous « m'obligerez sensiblement de me faire savoir ce qui se « passe dans l'étendue de cette colonie (2). » Ces enfants furent recus d'abord au Séminaire de Villemarie, où on leur apprenait à parler français, à lire & à écrire. Pour exciter l'émulation parmi eux, M. Dollier, le 8 juillet 1669, donna à deux d’entre eux des prix, qu'il crut être les plus propres à les faire persévérer dans ce nouveau genre de vie, quelque pénible qu'il pût paraître à leur naturel indépendant & si amateur de la vie des bois. Ce fut une somme de cinq cents livres qu'il donna à un petit garçon nommé Jacques Akikamega, âgé de treize ans, & une pareille somme à une petite fille, Louise Resikouki, âgé de douze ans, de la nation Algonquine; à condition que l'un & l'autre demeureraient à la maison du Séminaire, où ils seraient nourris & entretenus gratuitement, jusqu'à ce qu'ils fussent en état de régir leurs biens, c'eft-à-dire, àgés de dix-huit ans. II fut ftipulé que si l'un ou l'autre quittait la foi chrétienne ou simplement la vie Française, les cinq cents livres qui lui étaient données tourneraient au profit de quelque autre enfant sauvage que le Séminaire aurait choisi. Cette somme devait être représentée en marchandises qu'on enverrait de France, le printemps sui-