‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 203 sur 392 · XXI, ÉTABLISSEMENT DE GEN- TILLY POUR Y ÉLEVER DES ENFANTS SAU · texte numérisé non relu

XXI, ÉTABLISSEMENT DE GEN- TILLY POUR Y ÉLEVER DES ENFANTS SAU

VAGES,

(1) Archives de la marine, Canada, t. I, de 1656 à 1660, 9 janvier 1673; Concession à M. l'abbé de Fénelon, — Archives du séminaire de Villemarie; Concession des îles de la Présentation. Autographes,

(2) Greffe de Villemarie, 21 nov. 1673.

CONCESSION DES ILES COURCELLES À M. DE FÉNELON POUR FAVO= RISER L'ÉDUCATION D'ENFANTS SAUVAGES.

& pour la rendre plus utile au but qu'on se proposait, il demanda et obtint la propriété de quelques îles voisines de Gentilly (1). Ces îles, au nombre de trois, situées entre la Chine & le cap Saint-Gilles, avaient été concédées, en 1668, par M. de Courcelles à M. Picoté de Beleftre, qui leur donna apparemment le nom de ce gouverneur : car elles furent depuis appelées les îles Courcelles. Mais après les avoir ainsi reçues, M. de Beleftre n'y avait fait aucun défrichement; & comme elles pouvaient être d'un grand avantage pour faciliter l'éducation des enfants sauvages, à cause de leur voisinage de Gentilly, le Séminaire lui proposa de lui donner dans l'île de Montréal des terres en échange pour ces îles : ce qu'il accepta (2).

Le Gouverneur général, pour favoriser le dessein de M. de Fénelon, lui concéda ces mêmes îles, le 9 janvier 1673. « Le grand zèle que le sieur abbé de Fénelon a « témoigné, depuis plusieurs années, pour la propagation « du Chriftianisme en ce pays, disait le Gouverneur dans « ses Lettres, & l'affection qu'il a fait paraître au service « de Sa Majefté, nous obligent de chercher toutes sortes de « moyens de la reconnaître, & de le convier à continuer « le zèle qu'il a eu jusqu'ici : zèle dont la ferveur l’a porté « à abandonner tous les établissements considérables que « sa naissance & son mérite lui pouvaient faire espérer « en France, pour s'appliquer entièrement à la conversion « & à l'éducation des sauvages. Il nous a demandé de « vouloir lui concéder quelques îles, dans le lac Saint- « Louis, le long de l'île de Montréal, afin de faciliter « l'établissement qu'on y a commencé, pour élever de « petits sauvages, suivant les mœurs & coutumes Fran- « çaises. Comme nous ne croyons pouvoir mieux accom- « plir les intentions de Sa Majefté qu'en secondant & en « favorisant les desseins des personnes qui travaillent « ainsi à la civilisation des sauvages, nous avons accordé « & nous accordons au sieur abbé de Fénelon trois îles € appciées les fes Courcelles, pour en jouir & disposer,

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ÉDUCATION DES ENFANTS SAUVAGES, 1668 ET suIV. 283

« ainsi que bon lui semblera, en tout droit de fief & de « scigneurie, & les faire cultiver & habiter, autant que leur « étendue le pourra permettre (1). »

La concession de ces îles fut faite à M. de Fénelon personnellement; & lui-même nous apprend qu'il les avait demandées pour attirer plus facilement des sauvages dans l'île de Montréal, particulièrement à Gentilly, où plusieurs s'étaient déjà habitués, & aussi pour faciliter leur conversion à Dieu & leur éducation. Mais il déclare en même temps que tous les travaux faits dans l'une de ces trois îles, aussi bien que ceux qui avaient été exécutés à Gentilly, venaient des deniers du Séminaire; que, quant à lui, il n'avait contribué à cette œuvre qu'en attirant dans ces lieux des sauvages, & en faisant habiter par eux & par des Français cette même côte de l’île de Montréal (2). L'œuvre de l'éducation des enfants ayant ainsi donné lieu à l'établissement d'une Mission sauvage sur cette côte de l'ile, de là vint qu'on appela un certain lieu, où des sauvages s'étaient fixés, du nom de Baie d'Urfi, de celui de M. d'Urfi, l'un des Missionnaires (3).

Depuis la paix faite avec les Iroquois, le zèle pour la conversion des sauvages n'était plus enchaîné comme auparavant, & il devint l’occasion de la découverte de nouveaux pays, dont on prit possession au nom du Roi, en vue d'y porter la foi chrétienne. Colbert écrivait à M. de Queylus, en 1671 : « Le Roi a appris avec beau- « coup de plaisir, par les lettres de M. Talon, le zèle & « l'application que vous avez, non-seulement pour tout ce « qui peut augmenter la colonie de Montréal, mais même « pour étendre le Chriftianisme dans les parties les moins « connues de la Nouvelle-France. Sa Majefté vous en sait « beaucoup de gré, & elle eft persuadée que vous ne « bornerez pas à cette œuvre de piété seulement la cha- « leur & le zèle que vous avez pour l'augmentation de « notre Religion (4). » Ce Miniftre parle ici du voyage que

marie, 24 février 1674.

— Pièces & documents sur la tenure seigneuriale, p. 350.

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