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invalides ou vicillards. De leur côté, les Hospitalières de Québec témoignèrent une vraie satisfaction à s'en charger: & enfin, M. de Laval, à qui M. de Queylus avait soumis son dessein, l'approuva lui-même de grand cœur, Voici à quoi s'engageait M. de Queylus, par un aéte signé de sa main, & agréé par la Supérieure, la Mère Marie Renée de la Nativité : « Il sera donné trois cents arpents de terres à
Montréal, pour la subsiftance des Religieuses, & dix mille francs, avant qu'elles partent de Québec. En attendant qu'elles aient trouvé un emplacement commode pour se bâtir, on louera une maison pour les Religieuses ; & lorsqu'elles seront prêtes à élever un bâtiment, je leur donnerai six mille livres : trois mille lorsqu'elles commenceront à bâtir, & trois mille l'année suivante; & ces six mille livres seront employées à l'achat des matériaux & au payement des ouvriers. Il leur sera permis de bâtir un moulin à vent & à eau, dans l'endroit le plus commode qu'on trouvera dans l'île, duquel le revenu sera partagé également entre les Religieuses & les sauvages. Il sera donné en outre, pour la subsiflance des sauvages invalides, trois cents arpents de terres, dont je ferai défricher trente arpents; &, en attendant qu'on puisse les semer, je fournirai cent cinquante minots de blé d'Inde par an, pour commencer l'œuvre. Je donnerai, enfin, des couvertures & autres meubles nécessaires .pour les sauvages invalides. Le contrat étant passé avec les Religieuses & agréé par le Roi, elles feront partir pour Montréal trois d'entre elles & une Converse. L'adminiftration des revenus des pauvres se fera comme à Québec. Les trois Religieuses, qui commenceront l'établissement, y resteront tant qu'il leur fera plaisir, & seront censées être de la maison, le revenu de la fondation des dix mille livres leur servant de pension, & à celles qui leur succéderont dans la suite. »
Le 11 novembre 1671, M. Talon écrivait ainsi à Col-
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bert, sur le même dessein : « Après mes dépèches fer- « mées, M. l'abbé de Queylus m'a témoigné le désir de « former un hôpital à Montréal, pour y faire nourrir & « traiter les sauvages invalides & de grand âge; & pour « cela, il prétend faire un premier fonds de dix mille « livres. Outre la gloire qui peut revenir à Dieu de cette « œuvre de piété, on peut espérer encore d'attirer par là, « avec plus de facilité, les sauvages qui, se sentant près « des chefs de leurs familles, se détacheront plus aisément « de leurs autres parents. Je ne me suis engagé à vous « écrire de cette proposition qu'après avoir été prié de « le faire par M. l'Évèque de Pétrée, par M. l'abbé de « Queylus & par la supérieure des Hospitalières, qui «s'oblige de donner des Religieuses pour la conduite de « cet établissement, On ne demande que l'agrément du « Roi & ses lettres dans le temps. De ma part, je n'airien « promis, ni rien fait espérer, que cet agrément, si la pro- « position vous était agréable (1). » Colbert répondit, l'année suivante, à M. Talon, que le Roi espérait que M. de Queylus demeurerait ferme, dans le dessein d'établir & de fonder cet hôpital (2).
Pendant qu'on cherchait les moyens de le former, les Prètres de Saint-Sulpice donnèrent naissance à une autre œuvre relative à l'éducation des enfants sauvages. Jusqu'alors ils les avaient gardés à Villemarie, dans le Séminaire même. Ils jugèrent qu'ils réussiraient peut-être mieux à les former à la vie civile, s'ils les plaçaient à la campagne, en les éloignant ainsi des occasions de dissipation que la ville pouvait leur offrir. Dans ce dessein, ils formèrent un établissement, au-dessus de la Chine, qu'ils appelaient Gentilly, sur le bord du fleuve Saint-Laurent, où ils firent défricher des terres et conftruire des bàtiments; et comme la chapelle en fut dédiée au mystère de la Présentation de Marie au Temple, cette maison fut aussi appelée la Présentation. M. de Fénelon, accoutumé déjà aux mœurs des sauvages, fut chargé de cette œuvre;
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