‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 206 sur 392 · P SON · texte numérisé non relu

P SON

: des

bonnes dispositions de leurs esprits & de leurs cœurs. Touché de ce récit, M. de Queylus écrivit à M. Dollier, par le retour de l’esclave, & lui manda que, puisqu'il voulait se dévouer au salut des sauvages, il semblait que la Providence lui en offrait une favorable occasion par le moyen de cet homme qui pourrait le conduire chez des nations encore inconnues aux Français, & que ces nations auraient peut-être plus de docilité à écouter les Missionnaires que n’en montraient tous les autres sauvages auprès desquels on n'avait pu faire encore presque aucun fruit. A l'ouverture de la lettre, M. Dollier, ravi de cette proposition, fit grande amitié à l'esclave, s'efforça d'apprendre quelques mots de sa langue, & tira de lui la promesse qu'il le conduirait dans son pays, éloigné de Villemarie de sept à huit cents lieues. Sans attendre même que les sauvages avec lesquels il hivernait eussent quitté les bois, il se sépara d'eux & alla trouver M. de Queylus, qui résolut de lui adjoindre M. Barthélemy pour cette mission lointaine (1).

M. de Laval arriva sur ces entrefaites à Villemarie, & dès qu'il fut informé du dessein de M. de Queylus, il l’approuva, le loua hautement & donna à M. Dollier des lettres de pouvoir, assez semblables à celles qu'il avait remises à M. de Fénelon l'année précédente. Ces lettres, datées du 15 mai 1669, sont une nouvelle preuve du dévouement de M. de Laval aux Religieux de la Compagnie de Jésus, dont il fait un très-bel éloge, en recommandant à M. Dollier de se conformer en tout à leurs pratiques, & de les consulter dans les occasions. Ce Prélat y dit entre autres choses que M. Dollier s'était senti attiré de Dieu à travailler à la conversion des sauvages, dans les nations qu'on nomme Outaouas, placées à une grande diftance (2). Il désignait par là, non les Outaouas proprement dits, chez lesquels les Pères Jésuites étaient déjà allés en mission (3); mais les peuples voisins du Mississipi. C’ett que les Outaouas prétendaient que ce fleuve leur appartenait, & qu'aucune

(1) Bibliothèque impériale; Voyage de MM. Dollier & de Galinée, Supplément Français, n° 2460, 3.

M. DE LAVAL DONNE A M. DOLLIER DES LET- TRES DE MISSION POUR LE PAYS DU MISSISSIPL,

(2) Greffe de Viilemarie, Archives judiciaires, 15 mai 1600, pe 10, 17, 22. Relation de 1664, p. 2, 6.

Relation de 1667,p.4.

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