‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 212 sur 392 · L'HIVER SUR LES BORDS DU LAC ÉRIÉ · texte numérisé non relu

L'HIVER SUR LES BORDS DU LAC ÉRIÉ

(1) Hiftoire du Mont.

réal, Au lecteur.

(2) Greffe de Villemarie, 10 décembre 1608,

(3) Zbid., à janvier

(4) Ibid, 11 juin 1670,

« d’une façon si authentique qu'il lui eft demeuré (*). »

De leur côté, les Missionnaires & leur petite troupe, partis de Tenaoutoua le 1" oétobre 1669, arrivèrent le

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(*) M. Dollier place dans l’hiver de 1667 à 1668 l'attribution de ce nom, au lieu de la rapporter à l’année suivante. Mais il nous semble qu’en cela sa mémoire lui a fait défaut, & qu’on peut s’autoriser avec raison, pour le juger ainsi, de l’avertissement qu’il donne lui-même à ses lecteurs touchant quelques erreurs de dates qu’ils pourront rencontrer dans son hifloire, à cause du peu de temps qu'il a eu pour la composer (1). En eflet, si l’on eût déjà donné, dans l'hiver de 1667 à 1668, le nom de la Chine à la seigneurie de La Salle, celui-ci n'aurait pas manqué de la désigner sous ce nom dans les actes publics qu'il fit depuis cet hiver. Cependant, dans un contrat du 16 décembre 1668, il lappelle, ainsi qu'il a été dit, du nom de Saint-Sulpice. Fait en notre maison de la côte de Saint-Sulpice ; fait en notre maison de Saint-Sulpice (2). Bien plus, dans Paéte du 9 janvier 1660, par lequel, avant sa tentative de voyage, il vendit la plus grande partie de cette seigneurie au Séminaire, il la désigne ainsi : La seigneurie appelée de Saint-Sulpice, située en l'ile de Montréal, au-dessus du Saut Saint-Louis (3). Elle était donc encore appelée de Saint-Sulpice avant le départ de La Salle.

Cependant, après le retour de ses hommes, qui eut lieu dans l’automne de cette même année 1669, on appelle ce même lieu non plus Saint-Sulpice, mais la Chine. Ainsi, dans un aéte du 11 juin 1670, nous lisons ces mots très-significatifs : Le lieu de la Chine ainsi appelé (4). Pareillement, M. Talon, dans une ordonnance du 8 oftobre 1670, se sert de ces expressions : L’habitation qu'on appelle la petite Chine. Cette remarque : La Chine ainsi appelée, & celle-ci : L'habitation qu'on appelle la petite Chine, indiquent donc que ce nom venait d’être donné à ce lieu, puisqu'on n’aurait point fait ni Pune ni lPautre de ces remarques, si ce nom de la Chine lui eût été attribué dès son établissement. Enfin, la raison que, dans sa manière originale, M. Dollier donne de l'attribution de ce nom, ne permet pas de douter qu’on ne lait imposé par dérision, à l’occasion même du retour inattendu des hommes de La Salle, & de linutilité de leur première tentative. Car cette supposition enjouée d’une transmigration célèbre, par laquelle des hommes venus de la Chine étaient allés s'établir dans l’une des côtes de l’île de Montréal, ce qui avait fait donner le nom de la Chine à cette côte, une telle supposition ne peut avoir d’autre fondement que le retour & la déception des hommes de La Salle, qui s'étaient flattés, en partant, de trouver un passage à la Chine. C’eff, au refle, ce qu’assure expressément M. de Tonty,que nous ferons connaître dans la suite,

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